# Arrêt Ozempic : +22 % d'accidents cardio deux ans après

*Une cohorte de 333 687 patients montre que le bénéfice cardiovasculaire des GLP-1 s'efface bien plus vite qu'on ne le pensait.*

Arrêt Ozempic : une étude BMJ Medicine sur 333 687 patients montre un risque cardiovasculaire majoré de 22 % deux ans après l'arrêt des GLP-1.

**Thème :** Santé  
**Publié le :** 2026-09-22 07:14:33  
**Source :** https://golemtech.ovh/AutoArticle/article/arret-ozempic-22-d-accidents-cardio-deux-ans-apres

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Un traitement qu'on arrête, ça arrive tous les jours. Ce qui est nouveau, c'est qu'on commence à savoir ce que ça coûte. Une étude publiée le 20 septembre dans *BMJ Medicine* a suivi 333 687 vétérans américains diabétiques de type 2 pour mesurer ce qui se passe dans les artères après un **arrêt Ozempic** — ou de n'importe quel autre agoniste du GLP-1. Verdict : deux ans plus tard, le risque d'événement cardiovasculaire majeur est 22 % plus élevé que chez ceux qui n'ont jamais lâché. Le bénéfice ne s'évapore pas doucement sur une décennie. Il part en quelques mois.

## La cohorte : 333 687 personnes, deux bras, trois ans

L'étude vient de l'équipe de Ziyad Al-Aly, épidémiologiste clinique à la Washington University School of Medicine et au VA Saint Louis Health Care System — le même chercheur qui avait documenté à grande échelle les séquelles du Covid long dans les bases de données des vétérans américains. Sa matière première, ce sont les dossiers de soins du système de santé des anciens combattants : énorme, longitudinal, fastidieux, et redoutablement utile quand on veut observer des comportements réels plutôt que des patients d'essai clinique sélectionnés au cordeau.

Le design oppose deux groupes :

- 132 551 personnes ayant reçu un agoniste du GLP-1 (sémaglutide, tirzépatide et apparentés) ;
- 201 136 personnes traitées par sulfamides hypoglycémiants, choisis comme comparateur actif.

Le critère principal est le classique MACE : infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral, décès. Rien d'exotique, rien de mou. Ce sont les événements qu'on compte dans les grands essais cardiovasculaires depuis trente ans, ce qui rend les résultats directement comparables.

Al-Aly résume son point de départ sans détour : « Il y a un énorme enthousiasme pour commencer les médicaments GLP-1, mais pas assez d'attention à ce qui se passe quand les gens arrêtent. » Il n'a pas eu à chercher loin pour trouver des arrêts.

## Les chiffres, dans l'ordre où ils font mal

Dans la cohorte GLP-1 :

- **26 %** des patients ont arrêté complètement le traitement ;
- **23 %** ont connu une interruption d'au moins six mois ;
- trois ans de traitement continu s'accompagnent d'une **réduction de 18 %** du risque d'événement cardiovasculaire majeur ;
- une interruption de six mois suffit à faire remonter le risque de **4 à 8 %** par rapport à une prise continue ;
- un arrêt maintenu pendant deux ans : **+22 %** ;
- et le détail le plus dérangeant — chez ceux qui arrêtent après dix-huit mois de traitement, **la réduction de risque n'est plus statistiquement significative**. Comme si le compteur était remis à zéro.

Autrement dit, à peu près un utilisateur sur deux ne prend pas son traitement de façon continue, et la protection cardiovasculaire qu'on met en avant pour justifier son prix dépend précisément de cette continuité.

## Pourquoi le cœur redescend aussi vite

Les GLP-1 n'agissent pas sur un seul levier, ce qui explique que tout reparte en même temps quand on coupe. Plusieurs mécanismes se relâchent en parallèle.

### La reprise de poids

C'est le plus visible. Les essais d'extension du sémaglutide avaient déjà montré une reprise de poids massive dans l'année qui suit l'arrêt, une fois l'effet satiétogène disparu. Avec le poids reviennent le tour de taille, la charge sur le myocarde et l'insulinorésistance.

### Le métabolisme et la tension

L'hémoglobine glyquée remonte. La pression artérielle aussi — la baisse tensionnelle observée sous GLP-1 n'est pas un acquis, c'est une location. Le profil lipidique suit la même trajectoire.

### L'effet direct sur les vaisseaux

C'est la partie la moins racontée. Les récepteurs du GLP-1 sont présents dans l'endothélium et le myocarde, et une partie du bénéfice observé dans les grands essais cardiovasculaires apparaît trop tôt pour s'expliquer uniquement par la perte de poids. Si cette composante est bien directe, elle disparaît mécaniquement dès la dernière injection.

Trois horloges qui redémarrent ensemble : ça dessine assez bien une courbe de risque qui ne met pas des années à remonter.

## Pourquoi les gens arrêtent, en vrai

On imagine souvent des patients capricieux. La réalité est plus prosaïque :

- les effets digestifs — nausées, vomissements, constipation — qui usent sur la durée ;
- le coût, quand il n'y a pas de remboursement ;
- les tensions d'approvisionnement qui ont marqué ces dernières années ;
- l'objectif de poids atteint, et l'idée intuitive que le traitement a « fait son travail » ;
- la lassitude de l'injection hebdomadaire, tout simplement.

Aucun de ces motifs n'est irrationnel. Le problème, c'est que le raisonnement « j'ai perdu mes kilos, j'arrête » repose sur une lecture cosmétique d'un médicament qui est en train d'être requalifié en traitement cardiovasculaire chronique. On n'arrête pas une statine parce que le cholestérol est redevenu correct.

## En France, le remboursement rebat les cartes

Depuis le 15 juin 2026, deux GLP-1 sont pris en charge par l'Assurance maladie : Wegovy et Mounjaro, à hauteur de 65 %. Le cadre est volontairement étroit :

- adultes avec un IMC supérieur ou égal à 40 sans comorbidité ;
- ou IMC supérieur ou égal à 35 avec une comorbidité liée au poids ;
- adolescents à partir de 12 ans pesant plus de 60 kg et en situation d'obésité ;
- après échec d'une prise en charge nutritionnelle, définie comme moins de 5 % de perte de poids à six mois.

La prescription initiale est réservée aux professionnels et structures de recours de niveaux 2 et 3 — centres spécialisés de l'obésité, CHU, endocrinologues travaillant avec ces structures. En dehors de ce couloir, le médicament reste prescriptible mais non remboursé.

Ce cadrage change la lecture de l'étude américaine. Un traitement remboursé est un traitement qu'on arrête moins souvent pour des raisons financières. Mais il introduit une autre fragilité : la sortie du dispositif. Un patient qui passe sous le seuil d'IMC, qui déménage loin d'un centre de recours ou qui perd le fil du suivi spécialisé se retrouve exactement dans la situation décrite par Al-Aly.

## Ce que l'étude ne prouve pas

Il faut être honnête sur la nature de ces données. C'est une étude observationnelle, pas un essai randomisé — personne n'a tiré au sort qui arrêterait son traitement.

- La population est celle des vétérans américains : majoritairement des hommes, plutôt âgés, tous diabétiques de type 2. On ne peut pas transposer tel quel à une femme de 38 ans traitée pour obésité sans diabète.
- Les gens qui arrêtent un traitement diffèrent souvent de ceux qui le poursuivent — santé plus dégradée, précarité, autres traitements abandonnés en même temps. Les méthodes d'émulation d'essai corrigent une partie de ce biais, pas la totalité.
- Le suivi plafonne à trois ans. Au-delà, on ne sait pas si l'écart se creuse, se stabilise ou se referme.
- Le comparateur retenu, les sulfamides, a son propre profil cardiovasculaire, ce qui influence l'amplitude des écarts mesurés.

Rien de tout cela n'annule le signal. Il est cohérent avec la pharmacologie, cohérent avec ce qu'on observe sur la reprise de poids, et suffisamment large pour ne pas être un artefact statistique. Mais le chiffre de 22 % est une estimation, pas une garantie individuelle.

## Ce qu'on en fait à partir de lundi

La conséquence pratique tient en peu de mots : un arrêt Ozempic se prépare, il ne s'improvise pas. Si les effets secondaires deviennent invivables, une baisse de dose vaut mieux qu'une interruption sèche. Si l'objectif de poids est atteint, la question à poser en consultation n'est pas « quand j'arrête ? » mais « quelle dose d'entretien ? ». Et dans les mois qui suivent un arrêt décidé malgré tout, la surveillance tensionnelle et métabolique mérite d'être resserrée plutôt que relâchée.

Reste la question que personne n'a envie de formuler à voix haute : si le bénéfice cardiovasculaire s'annule en dix-huit mois, ces molécules sont des traitements à vie. Avec le volume de patients éligibles en France, c'est une arithmétique budgétaire qui ne va pas rester longtemps théorique.

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**Ressource recommandée : Objectif Santé+** — https://objectifsante.net/

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## Sources

- [ScienceDaily — Stopping Ozempic may raise heart attack and stroke risk](https://www.sciencedaily.com/releases/2026/09/260920222414.htm)
- [Axios — The dangerous risks of stopping Ozempic and GLP-1s](https://www.axios.com/2026/09/21/ozempic-glp-glp1s-weight-loss-side-effects-risks)
- [Service-public.fr — Deux médicaments contre l'obésité remboursés](https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A18932)
- [CNBC — Stopping GLP-1s raises risk of heart attack, stroke and death](https://www.cnbc.com/2026/03/18/stopping-glp-1s-raises-cardiovascular-risks-study.html)
