# Café et microbiote : le décaféiné bat le caféiné sur la mémoire

*Une étude irlandaise publiée dans Nature Communications a fait arrêter puis reprendre le café à des buveurs réguliers. Les résultats sont plus retors que le résumé qui circule.*

Café microbiote cerveau : l'étude de l'APC Microbiome Ireland montre des bactéries et métabolites modifiés, et un décaféiné meilleur que le caféiné sur la mémoire.

**Thème :** Santé  
**Publié le :** 2026-09-29 07:16:59  
**Source :** https://golemtech.ovh/AutoArticle/article/cafe-et-microbiote-le-decafeine-bat-le-cafeine-sur-la-memoire

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Le café a le don de produire des titres qui s'annulent. Cette fois, l'angle est différent : ce n'est plus la caféine qu'on interroge, mais les **bactéries intestinales** des buveurs de café. L'équipe de l'APC Microbiome Ireland, à l'University College Cork, a publié dans *Nature Communications* un protocole plus malin que la moyenne — et dont les résultats bruts ne collent pas tout à fait au résumé qui tourne partout.

Ce qui rend cette étude intéressante : elle ne se contente pas de comparer des buveurs à des non-buveurs. Elle a fait **arrêter** le café à des consommateurs réguliers, puis leur a fait reprendre du caféiné ou du décaféiné en double aveugle. Un vrai avant/après, sur les mêmes personnes.

## Le protocole, en trois temps

- **Phase 1 — état des lieux.** 31 non-consommateurs de café face à 31 consommateurs réguliers, définis comme buvant 3 à 5 tasses par jour (le seuil retenu par l'Autorité européenne de sécurité des aliments). Âges de 30 à 50 ans, majorité de femmes (59 à 61 % selon les groupes).
- **Phase 2 — sevrage.** Les 31 buveurs arrêtent le café pendant **deux semaines**.
- **Phase 3 — réintroduction en aveugle.** Pendant **trois semaines**, 16 reprennent du café caféiné, 15 du décaféiné, sans savoir lequel.

À chaque étape : batterie de tests psychologiques, carnets alimentaires et de caféine, prélèvements de selles et d'urine, dosages sanguins.

## Les bactéries qui changent de camp

La signature microbienne des buveurs de café est nette. Chez eux, on trouve davantage de :

- *Cryptobacterium curtum*
- *Eggerthella* sp. (souches CAG:209 et CAG 51_9)
- *Firmicutes* CAG:94

Chez les non-buveurs, ce sont d'autres genres qui dominent : *Veillonella parvula*, *Veillonella* sp. ACP1, *Haemophilus parainfluenzae*.

Détail méthodologique qui compte : la **diversité alpha** — la richesse globale de l'écosystème intestinal — différait bien entre buveurs et non-buveurs au départ, mais elle n'a pas bougé significativement après l'arrêt ni après la réintroduction. Le café ne « diversifie » donc pas le microbiote. Il favorise des souches précises. C'est une action ciblée, pas un engrais.

## Les métabolites, là où ça devient contre-intuitif

Le microbiote agit sur le cerveau par les molécules qu'il produit. Et sur ce terrain, les résultats déroutent.

Chez les buveurs de café, sont **diminués** :

- l'**acide indole-3-propionique (IPA)**, un métabolite du tryptophane généralement considéré comme neuroprotecteur et bon pour la barrière intestinale ;
- l'**indole-3-carboxaldéhyde (ICA)**, autre dérivé du tryptophane ;
- le **GABA**, principal neurotransmetteur inhibiteur.

Sont **augmentés** : caféine et théophylline (sans surprise), acides phénoliques, acide hippurique.

Un buveur de café avec moins d'IPA et moins de GABA, c'est exactement l'inverse du profil qu'on attendrait si le café était simplement « bon pour l'axe intestin-cerveau ». Les auteurs ne cachent pas cette tension. C'est un des points les plus honnêtes du papier.

## Caféiné, décaféiné : les deux ne font pas la même chose

C'est le résultat le plus exploitable, et il mérite d'être lu précisément.

**Au départ**, les buveurs de café affichaient des scores **plus élevés** d'impulsivité (échelle UPPS-P) et de réactivité émotionnelle (ERS) que les non-buveurs.

**Après deux semaines d'arrêt**, ces deux scores baissaient, et la performance au PASAT — un test d'attention soutenue et de calcul sous pression — s'améliorait.

**À la réintroduction**, les deux cafés divergeaient :

- **Décaféiné** : amélioration significative de la **mémoire épisodique** (test ModRey) et meilleure qualité de sommeil.
- **Caféiné** : baisse de l'**anxiété** (STAI-Trait) et meilleure performance cognitive au PASAT.

Autrement dit, le décaféiné n'est pas un café au rabais. Sur la mémoire, c'est lui qui gagne — ce qui pointe vers les polyphénols et les composés non caféiniques du grain plutôt que vers la molécule star.

Côté hormonal, rien de spectaculaire : **aucune différence de cortisol basal** entre les groupes, et la réponse d'éveil au cortisol (CAR) inchangée après le sevrage. Le groupe caféiné présentait toutefois un cortisol salivaire plus bas au réveil après l'intervention. Aucune différence de résilience au stress au test SECPT, qui consiste à plonger la main dans l'eau glacée.

## Inflammation : le sevrage coûte cher

Le volet immunitaire est celui qui donne le plus envie de ne pas arrêter le café.

- Les buveurs avaient une **CRP plus basse** (marqueur d'inflammation) et davantage d'**IL-10**, une cytokine anti-inflammatoire.
- Après deux semaines de sevrage : **hausse de la CRP et du TNFα**. L'arrêt du café ressemble à un épisode pro-inflammatoire.
- L'IL-6 après stimulation par LPS baissait dans les deux groupes.
- À la réintroduction, le décaféiné faisait remonter CRP et TNFα, tandis que le caféiné faisait baisser IL-10 et IL-6.

Ce dernier bloc est franchement difficile à interpréter, et les auteurs ne prétendent pas le faire. Sur 62 personnes, des mouvements de cytokines peuvent aussi bien refléter un rhume qu'un effet du café.

## Les limites, listées par les auteurs eux-mêmes

À leur crédit, l'équipe de Cork ne surjoue pas. Les limites déclarées :

- **Absence de mesure directe du transit intestinal** — l'échelle de Bristol a servi de substitut, ce qui est grossier.
- **Biais possible de sevrage caféinique antérieur** chez certains non-consommateurs, qui pouvaient être d'anciens buveurs.
- **Faible diversité ethnique** (21 participants caucasiens contre 10 autres dans le groupe non-buveurs).
- **Puissance statistique probablement insuffisante** pour les effets secondaires.
- Questionnaire gastro-intestinal (GI-VAS) non validé en population saine.
- Aucune analyse stratifiée par sexe ou origine.

Deux éléments qu'il faut ajouter et qui ne sont pas dans cette liste. D'abord la **taille** : 62 personnes au total, 31 dans la phase d'intervention scindée en deux bras de 15 et 16. On est dans l'étude mécanistique exploratoire, pas dans l'essai clinique. Ensuite le **financement** : l'étude est soutenue par l'**Institute for Scientific Information on Coffee (ISIC)**, financé par l'industrie du café. Ça n'invalide rien — le protocole en aveugle est solide et les résultats ne sont pas uniformément flatteurs pour le café, on l'a vu avec l'IPA et le GABA. Mais ça se mentionne.

Le professeur John Cryan, coauteur et figure du champ de l'axe intestin-cerveau, résume la portée réelle : « Le café est plus que de la caféine — c'est un facteur alimentaire complexe qui interagit avec nos microbes intestinaux, notre métabolisme et même notre bien-être émotionnel. »

## Ce qu'on peut en faire dès demain matin

Rien qui justifie de changer de vie. Trois pistes raisonnables tout de même :

- Si vous cherchez la **vigilance et l'attention**, le caféiné garde l'avantage. Si c'est la **mémoire et le sommeil**, le décaféiné n'est pas un renoncement mais peut-être un meilleur choix.
- La tasse du soir en décaféiné n'est pas une tasse « vide » : les polyphénols passent, la caféine non.
- Arrêter brutalement le café après des années n'est pas neutre. Deux semaines ont suffi, dans cette étude, à faire bouger des marqueurs d'inflammation. Une décroissance progressive semble plus sage qu'un sevrage sec.

La suite viendra d'essais plus larges, avec transplantation de microbiote ou supplémentation ciblée, pour savoir si ce sont vraiment les bactéries qui portent l'effet. Pour l'instant, on a une corrélation bien décrite et un mécanisme plausible. Pas une preuve de causalité.

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**Ressource recommandée : GolemIQ** — https://golemtech.ovh/GolemIQ/

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## Sources

- [Nature Communications — Habitual coffee intake shapes the gut microbiome and modifies host physiology and cognition](https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC13100100/)
- [University College Cork — New research reveals mechanisms behind coffee's effects on the gut-brain axis](https://www.ucc.ie/en/research/news/2026/new-research-reveals-mechanisms-behind-coffees-positive-effects-on-the-gut-brain-axis.html)
- [ScienceDaily — What coffee really does to your gut and brain](https://www.sciencedaily.com/releases/2026/09/260927034331.htm)
- [Sci.News — Coffee Intake Linked to Microbiome Changes and Improved Mental Well-Being](https://www.sci.news/medicine/gut-microbiota-brain-axis-coffee-14710.html)
