# CAR-T BAFF-R : 7 rémissions complètes sur 9 après l'échec du CD19

*Publiés le 8 septembre dans The Lancet, les résultats de phase 1 du PMB-CT01 rouvrent une porte pour les lymphomes B qui ont déjà épuisé les CAR-T classiques.*

Le CAR-T BAFF-R PMB-CT01 obtient 7 reponses completes sur 9 patients, dont 4 apres echec du CD19. Resultats publies dans The Lancet le 8 septembre 2026.

**Thème :** Science  
**Publié le :** 2026-09-12 07:16:26  
**Source :** https://golemtech.ovh/AutoArticle/article/car-t-baff-r-7-remissions-completes-sur-9-apres-l-echec-du-cd19

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Neuf patients. Sept rémissions complètes. Aucune rechute au moment de l'analyse, et la plus ancienne réponse qui tient depuis plus de 35 mois. Le 8 septembre 2026, *The Lancet* a publié sous forme de research letter les résultats d'un essai de phase 1 mené au City of Hope, en Californie, sur une thérapie cellulaire qui porte le nom peu sexy de PMB-CT01. Son intérêt tient en trois lettres : **CAR-T BAFF-R**. Une nouvelle cible, testée précisément là où les CAR-T existants s'arrêtent.

Petit essai, petits effectifs, prudence obligatoire — on y reviendra. Mais la population traitée rend le signal difficile à balayer d'un revers de main.

## Pourquoi le CD19 finit par lâcher

Rappel rapide, parce que tout le raisonnement en dépend. Une CAR-T, c'est un lymphocyte T du patient, prélevé, modifié génétiquement en laboratoire pour porter un récepteur artificiel, puis réinjecté. Ce récepteur reconnaît une protéine présente à la surface des cellules tumorales. Depuis 2017, les thérapies autorisées dans les lymphomes B visent quasiment toutes la même : le **CD19**.

Ça marche. Spectaculairement, chez des patients qui n'avaient plus rien. Sauf que la cellule cancéreuse n'est pas passive. Sous pression thérapeutique, elle peut tout simplement cesser d'exprimer le CD19 à sa surface — c'est ce qu'on appelle la perte d'antigène, ou échappement antigénique. Le récepteur artificiel cherche une serrure qui n'existe plus. La tumeur repart.

C'est aujourd'hui l'un des principaux modes d'échec des CAR-T anti-CD19, et il laisse les patients dans une impasse thérapeutique quasi totale. Retenter un anti-CD19 sur une tumeur devenue CD19-négative n'a évidemment aucun sens.

## BAFF-R : une serrure que la cellule ne peut pas jeter

L'idée derrière le PMB-CT01, licencié par PeproMene Bio auprès du City of Hope, est de changer de cible. Le **BAFF-R** (B-cell Activating Factor Receptor) est un récepteur exprimé presque exclusivement par les lymphocytes B — donc peu de risque de toxicité sur d'autres tissus — et surtout, il est *essentiel à leur survie*.

C'est là que le pari devient élégant. Une cellule tumorale peut se permettre d'abandonner le CD19 : ça ne la tue pas. Abandonner le BAFF-R, c'est une autre affaire, puisque la voie de signalisation qui en dépend conditionne sa survie. Les auteurs formulent ça sobrement : cibler le BAFF-R réduit la probabilité d'échappement par perte d'antigène.

Le raisonnement est solide sur le papier. Les données de phase 1 suggèrent qu'il tient aussi en clinique, au moins sur une poignée de patients.

## Les chiffres de l'essai

L'essai enregistré sous l'identifiant NCT05370430 a inclus des patients atteints de lymphomes non hodgkiniens à cellules B en rechute ou réfractaires. Voici ce qui ressort de la publication et des données présentées :

- **7 patients sur 9 (80 %)** ont obtenu une réponse complète.
- Parmi eux, **4 patients sur 6** avaient déjà progressé après une CAR-T anti-CD19 conventionnelle.
- **Aucune rechute** rapportée dans la cohorte à la date d'analyse.
- La réponse complète la plus longue dépassait **35 mois** et était toujours en cours.
- **Syndrome de relargage cytokinique (CRS) :** tous les épisodes observés étaient de **grade 1**, le niveau le plus bénin.
- **Neurotoxicité (ICANS) :** 2 cas, tous deux de **grade 1**.

Ce profil de tolérance est le second point remarquable, et peut-être le plus sous-estimé. Les CAR-T autorisées s'accompagnent régulièrement de CRS de grade 3 ou 4 et de neurotoxicités sévères, qui imposent une hospitalisation en centre expert et écartent de fait les patients âgés ou fragiles. Ici, aucun événement de grade 2 ou plus n'est rapporté. Sur neuf patients, ce n'est pas une démonstration — c'est un indice sérieux.

## Les acteurs et l'argent

La thérapie vient du laboratoire de **Larry W. Kwak**, fondateur scientifique de PeproMene Bio, entreprise basée à Irvine en Californie. **Stephen Forman**, du City of Hope, figure parmi les coauteurs. L'Institute for Follicular Lymphoma Innovation (IFLI) s'était engagé dès décembre 2024 à financer le développement du PMB-CT01 dans le lymphome folliculaire réfractaire, à hauteur de 11 millions de dollars.

Sur la base de ces résultats, l'essai de phase 1 sort du site unique : il s'étend à plusieurs centres américains. C'est le signe le plus concret que les données ont convaincu au-delà de l'équipe initiale.

## Ce que neuf patients ne prouvent pas

Il faut maintenant refroidir la salle, parce que l'enthousiasme sur les CAR-T a déjà produit son lot de déceptions.

- **L'effectif est minuscule.** Neuf patients, dans un essai de phase 1 conçu pour évaluer la sécurité, pas l'efficacité. Un taux de 80 % sur neuf personnes a un intervalle de confiance qui pourrait accueillir un bus.
- **Pas de bras comparateur.** Aucune randomisation, donc aucune mesure du bénéfice relatif par rapport aux options existantes.
- **Une sélection favorable est toujours possible.** Les patients inclus dans un premier essai monocentrique sont, presque par construction, ceux dont l'état général permet de supporter la procédure.
- **Le recul reste hétérogène.** 35 mois pour un patient, c'est excellent. Ce n'est pas le suivi médian de la cohorte.
- **La production reste le goulot d'étranglement.** Les CAR-T autologues exigent de prélever, modifier et cultiver les cellules de chaque patient. Délai, coût, échecs de fabrication : rien de tout ça ne disparaît parce qu'on change de cible.

Une phase 1 positive ne dit pas qu'un médicament marche. Elle dit qu'il mérite qu'on dépense beaucoup d'argent pour le savoir.

## La suite

Trois choses à surveiller dans les mois qui viennent. L'extension multicentrique d'abord : c'est le moment où les résultats tiennent ou s'effondrent, parce qu'on sort de l'équipe qui a inventé la molécule. Le développement dans le lymphome folliculaire ensuite, porté par le financement de l'IFLI. Et enfin l'extension à d'autres pathologies B — un essai visant la leucémie aiguë lymphoblastique B et le lymphome lymphoblastique B est déjà enregistré.

Ce qui rend cette publication intéressante dépasse le PMB-CT01 lui-même. Elle valide une stratégie : contre l'échappement antigénique, mieux vaut viser une protéine dont la cellule tumorale ne peut pas se passer plutôt qu'une simple étiquette de surface. Si ce principe se confirme, il redessine la façon dont on choisira les cibles des prochaines générations de thérapies cellulaires.

En attendant, pour les patients dont le lymphome est reparti après une CAR-T anti-CD19, il existe désormais un essai clinique à mentionner à son hématologue. C'est peu. Il y a trois mois, c'était rien.

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**Ressource recommandée : Aristote** — https://golemtech.ovh/Aristote/

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## Sources

- [PubMed — BAFF-R CAR T-cell therapy for relapsed or refractory B-cell lymphomas (The Lancet)](https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/42624808/)
- [BioSpace — PeproMene Bio announces publication in The Lancet of Phase 1 results](https://www.biospace.com/press-releases/pepromene-bio-announces-publication-in-the-lancet-of-breakthrough-phase-1-clinical-trial-results-demonstrating-deep-and-durable-complete-responses-in-relapsed-refractory-b-cell-lymphomas-including-after-prior-cd19-car-t-cell-failure)
- [Blood (ASH) — BAFFR-CAR T cells (PMB-CT01) demonstrate durable responses](https://ashpublications.org/blood/article/146/Supplement%201/268/552696/BAFFR-CAR-T-cells-PMB-CT01-demonstrate-durable)
- [CGTLive — BAFFR-targeted CAR-T demonstrates complete response in first patient](https://www.cgtlive.com/view/baffr-targeted-car-t-demonstrates-complete-response-first-patient-b-nhl-phase-1-trial)
