# Chikungunya autochtone : le moustique tigre tient 83 départements

*Après l'année record de 2025 et ses 809 cas, l'été 2026 est plus calme mais la transmission locale continue, jusqu'en Île-de-France.*

Chikungunya autochtone en France : 809 cas en 2025, transmission locale confirmée en 2026 jusqu'à Nogent-sur-Marne. Chiffres, mécanisme et conduite à tenir.

**Thème :** Santé  
**Publié le :** 2026-09-20 07:16:41  
**Source :** https://golemtech.ovh/AutoArticle/article/chikungunya-autochtone-le-moustique-tigre-tient-83-departements

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On a longtemps rangé le chikungunya dans la case « maladie tropicale » — ramenée de La Réunion, des Antilles ou d'Asie du Sud-Est, jamais attrapée chez soi. Cette case a sauté. En 2025, la France métropolitaine a enregistré 809 cas de chikungunya autochtone, c'est-à-dire contractés sur le territoire, sans le moindre voyage. Pour situer : entre 2010 et 2024, le record annuel toutes arboviroses confondues était de 84 cas. On a multiplié par dix en une saison.

2026 est plus sage. Pas nul pour autant, et un épisode en Île-de-France a rappelé que la carte continue de monter vers le nord.

## Autochtone, importé : la distinction qui change tout

Un cas **importé**, c'est un voyageur infecté ailleurs qui rentre en France avec le virus dans le sang. Ça arrive par centaines chaque année, et ce n'est pas un problème de santé publique en soi.

Un cas **autochtone**, c'est quelqu'un qui n'a pas quitté le territoire et qui a été piqué ici par un moustique tigre local, lui-même contaminé en piquant un voyageur virémique. Cela signifie qu'une chaîne de transmission s'est installée sur place. C'est un tout autre sujet.

Le schéma est toujours le même : un cas importé arrive, il est piqué dans les premiers jours de l'infection, le moustique devient infectieux après quelques jours d'incubation, et il pique à son tour dans un rayon de quelques centaines de mètres. D'où les foyers très localisés — un quartier, parfois une rue.

## Les chiffres de l'été 2026

Au 3 août 2026, Santé publique France recensait cinq épisodes de transmission d'arbovirus en métropole :

- **chikungunya** : 7 cas répartis sur 3 épisodes, dans le Tarn et en Gironde ;
- **dengue** : 2 épisodes, dans le Tarn et l'Hérault ;
- **virus West Nile** : 4 cas, dans les Pyrénées-Orientales et les Bouches-du-Rhône.

Dans le même temps, depuis le 1er mai, les autorités avaient documenté 98 cas importés de chikungunya, 274 de dengue et 9 de Zika. C'est ce réservoir de cas importés qui alimente les départs de feu locaux.

À la mi-août, le compteur national de cas autochtones de chikungunya atteignait environ 25 depuis le début de l'année. Très loin du record de 2025, mais bien au-dessus de la normale historique.

En Île-de-France, le bulletin du 4 septembre confirmait un premier épisode de transmission autochtone de chikungunya pour 2026 à Nogent-sur-Marne, et 9 cas humains autochtones de virus West Nile au 31 août. Depuis le 1er mai, la région avait aussi identifié 92 cas importés de dengue, 19 de chikungunya et 1 de Zika.

## 83 départements sur 96

Le moustique tigre, *Aedes albopictus*, colonise désormais 83 des 96 départements métropolitains. Arrivé à Menton en 2004, il a remonté la vallée du Rhône, franchi la Loire, atteint la Bretagne et le Grand Est.

L'année 2025 a d'ailleurs vu trois régions toucher leurs premiers épisodes de transmission locale : Nouvelle-Aquitaine, Grand Est et Bourgogne-Franche-Comté. En Provence-Alpes-Côte d'Azur, la circulation a été particulièrement soutenue, avec un foyer de 144 cas dans les Alpes-Maritimes — un chiffre qui aurait paru délirant cinq ans plus tôt en France métropolitaine.

La surveillance renforcée des arboviroses court du 1er mai au 30 novembre, période d'activité du vecteur. Nous sommes en plein dedans.

### Pourquoi ça accélère

Trois facteurs se cumulent, et aucun ne va s'inverser :

- **La température.** *Aedes albopictus* se reproduit plus vite et le virus se réplique plus vite en lui quand il fait chaud. Les étés qui s'allongent allongent mécaniquement la fenêtre de transmission.
- **Les voyages.** Les grandes épidémies de chikungunya dans l'océan Indien et en Asie multiplient le nombre de cas importés — donc les occasions d'amorcer une chaîne locale.
- **L'urbanisme.** Le moustique tigre ne vit pas en forêt. Il pond dans une soucoupe de pot de fleurs, une gouttière bouchée, un pneu, un seau oublié. Son habitat, c'est le jardin pavillonnaire et le balcon.

## Les symptômes, et la fenêtre qui compte

Le chikungunya se manifeste après 4 à 7 jours d'incubation en moyenne :

- fièvre d'apparition brutale, souvent élevée ;
- **douleurs articulaires intenses**, symétriques, touchant surtout poignets, chevilles et doigts — c'est le signe qui oriente le diagnostic ;
- maux de tête, douleurs musculaires, parfois éruption cutanée.

Le nom vient d'une langue du sud de la Tanzanie et signifie à peu près « qui marche courbé ». Ce n'est pas une métaphore : les douleurs articulaires peuvent être invalidantes et persister des semaines, parfois des mois, chez une partie des patients.

La mortalité est faible, mais le risque augmente chez les nourrissons, les personnes âgées et les patients porteurs de comorbidités.

Le point pratique le plus important : **un signalement rapide permet de casser la chaîne**. Fièvre brutale plus douleurs articulaires en été, avec ou sans voyage récent — la consultation ne doit pas attendre. Une déclaration précoce déclenche une enquête entomologique et une démoustication ciblée autour du domicile, qui stoppe le foyer avant qu'il ne prenne.

## Ce qui marche vraiment pour se protéger

Sans grand mystère, mais avec des précisions qui comptent :

- **Répulsifs cutanés** à base de DEET (30 à 50 %), d'IR3535 ou d'icaridine. Les concentrations et les contre-indications varient selon l'âge et la grossesse : demander conseil en pharmacie plutôt que prendre le premier flacon.
- **Supprimer les eaux stagnantes**, chaque semaine. Une coupelle sous un pot suffit à produire une génération. C'est le geste à plus fort rendement, et de loin.
- **Moustiquaires et vêtements couvrants**, surtout pour un malade fébrile : protéger la personne infectée protège le voisinage, puisque c'est d'elle que le moustique tirerait le virus.

À noter : *Aedes albopictus* pique le jour, avec des pics au lever et en fin d'après-midi. Les réflexes hérités du paludisme — moustiquaire de lit, protection nocturne — sont ici partiellement à côté de la plaque.

## Ce qu'il faut retenir

La transmission autochtone d'arbovirus n'est plus un événement exceptionnel en France métropolitaine. C'est devenu une donnée saisonnière, gérée chaque été par un dispositif de surveillance et de démoustication d'urgence.

Le pic de 2025 montre ce que ça peut donner quand plusieurs facteurs s'alignent. L'accalmie relative de 2026 ne dit pas que le risque a reculé — elle dit que cette année-là, les alignements ont été moins nombreux.

La vraie question porte sur la capacité de réponse. Repérer un cas et démoustiquer un quartier en 48 heures, c'est faisable sur sept cas. Sur huit cents, c'est une autre affaire.

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**Ressource recommandée : Objectif Santé+** — https://objectifsante.net/

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## Sources

- [Pharmactu — Chikungunya, dengue, West Nile : cas autochtones France 2026](https://pharmactu.fr/articles/chikungunya-dengue-west-nile-cas-autochtones-france-2026)
- [Santé publique France — Surveillance sanitaire en Île-de-France, 4 septembre 2026](https://www.santepubliquefrance.fr/regions-et-territoires/ile-de-france/bulletin-regional/surveillance-sanitaire-en-ile-de-france-bulletin-du-4-septembre-2026)
- [Univadis — En 2025, un record de cas de chikungunya en France métropolitaine](https://www.univadis.fr/viewarticle/2025-record-cas-chikungunya-france-m%C3%A9tropolitaine-2026a1000ihh)
- [Vidal — Chikungunya : premier cas autochtone identifié cette saison](https://www.vidal.fr/actualites/38153-chikungunya-un-premier-cas-autochtone-identifie-cette-saison-en-france.html)
