# Mort de Tony Gatlif : le cinéaste des routes s'éteint à 77 ans

*Le réalisateur de Gadjo Dilo et de Latcho Drom est mort vendredi 4 septembre à Arles, où il préparait un film. Il laisse vingt-cinq longs métrages et une œuvre unique en Europe.*

Tony Gatlif est mort le 4 septembre 2026 à 77 ans, à Arles, en plein projet de film. Retour sur le parcours du cinéaste de Gadjo Dilo et Latcho Drom.

**Thème :** Buzz  
**Publié le :** 2026-09-05 07:17:45  
**Source :** https://golemtech.ovh/AutoArticle/article/mort-de-tony-gatlif-le-cineaste-des-routes-s-eteint-a-77-ans

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Il est mort en travaillant. **Tony Gatlif** s'est éteint vendredi 4 septembre 2026, à 77 ans, victime d'un problème de santé alors qu'il se trouvait à Arles, dans le sud de la France, où il préparait un film historique. Il aurait eu 78 ans le 10 septembre. Vingt-cinq longs métrages derrière lui, et une place dans le cinéma français que personne n'occupait avant lui et que personne n'occupera après.

## Michel Dahamani, devenu Gatlif à douze ans

Il naît le 10 septembre 1948 à Alger, sous le nom de Michel Dahamani. Père kabyle, mère gitane. Ce croisement-là n'est pas un détail biographique : c'est le sujet de toute son œuvre.

À douze ans, lors d'un contrôle de police, il change de nom pour éviter d'être expulsé vers l'Algérie. Il prend le patronyme d'un espace vert d'Alger. Un garçon de douze ans qui invente son identité en pointant un jardin sur une carte — il y a déjà tout Gatlif là-dedans : l'exil, le bricolage, la survie, le refus d'être assigné.

Suivront une maison de correction, puis la Camargue, où il est envoyé et où il apprend, dira-t-il, à écouter les gens raconter leur vie sans les interrompre. C'est de là que vient sa manière de filmer : longue, patiente, à hauteur de visage.

Dans un entretien accordé à l'AFP en 2021, il résumait son parcours d'une formule sans complaisance : il s'était battu contre son destin, et contre lui-même.

## Une obsession, déclinée pendant quarante ans

Gatlif n'a jamais vraiment fait plusieurs films. Il en a fait un seul, recommencé vingt-cinq fois, sous des angles différents : la route, la musique, les Roms, les frontières qui s'effacent.

Quelques repères dans cette filmographie :

- **Latcho Drom** (1993), traversée musicale du monde rom, du Rajasthan à l'Andalousie, sans dialogue, uniquement portée par les musiques ;
- **Gadjo Dilo** (1997), son plus grand succès public, avec un Romain Duris de 23 ans en Français débarqué dans un village roumain à la recherche d'une chanteuse ;
- **Swing** (2002) ;
- **Exils** (2004), qui lui vaut le **prix de la mise en scène au Festival de Cannes** ;
- **Transylvania** (2006), **Korkoro** (2009), sur le sort des Tsiganes pendant l'Occupation.

Il disait de la musique tsigane qu'elle était un cri exprimant la peur et la douleur d'un peuple dont l'âme fait mal. Ce n'était pas une jolie phrase de dossier de presse : ses films sont construits comme ça, la musique d'abord, le récit ensuite.

## Un cinéaste peu récompensé, et pas franchement inquiet de l'être

Le prix cannois de 2004 reste sa consécration majeure. Pour le reste, Gatlif a passé sa carrière un peu à côté des circuits d'honneurs français. Interrogé sur la reconnaissance, il balayait la question d'un « bof » — reconnu ou pas, il aurait fait les mêmes films.

Cette marginalité n'était pas une posture. Elle tenait à son objet : filmer les Roms en Europe, pendant quarante ans, à un moment où ces populations étaient surtout un sujet de fait divers ou de polémique politique, ce n'est pas un plan de carrière. Gatlif a tenu, en partie parce qu'il produisait souvent lui-même.

## Les hommages

Romain Duris, révélé au grand public par *Gadjo Dilo*, a rendu hommage à son réalisateur en romani : « Latcho Drom moro dad » — bonne route, mon père. Trois mots, le titre d'un film, et toute la relation entre les deux hommes.

La ministre de la Culture Catherine Pégard a salué un cinéaste qui « avait le goût des chemins de traverse, des frontières qui s'effacent, des vies que l'on regarde trop peu », et qui « a filmé la musique, le mouvement, l'exil et la liberté avec une énergie qui n'appartenait qu'à lui ».

## Ce que le cinéma français perd

Une fonction, plus qu'un nom. Gatlif était à peu près le seul réalisateur français à filmer des communautés européennes que le cinéma national ignore quasi systématiquement — et à le faire sans misérabilisme, sans sociologie de surplomb, en donnant à ses personnages de la joie, de la musique, du désordre et de la mauvaise foi. Ses films sont vivants. C'est rare pour un cinéma dit engagé.

Sa méthode de tournage participait de ça : recours fréquent à des comédiens non professionnels recrutés sur place, tournage en langue romani, musique enregistrée sur le terrain plutôt que reconstituée en studio. Beaucoup de cinéastes s'en sont réclamés. Peu ont tenu le rythme.

## Et le film d'Arles ?

Il travaillait sur un projet de film historique quand il est mort. Rien ne dit à ce stade ce qu'il en adviendra — s'il existait un scénario finalisé, une production engagée, une équipe. Ce sera l'une des questions des prochaines semaines.

En attendant, la meilleure façon de mesurer ce qu'il laisse tient en une expérience simple : regarder *Latcho Drom*, un film sans un seul dialogue, et constater qu'on a tout compris.

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**Ressource recommandée : Roomz** — https://roomz.art/

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## Sources

- [Euronews — Film director Tony Gatlif, maker of Gadjo Dilo, dies aged 77](https://www.euronews.com/culture/2026/09/04/film-director-tony-gatlif-maker-of-gadjo-dilo-dies-aged-77)
- [Epoch Times — Décès de Tony Gatlif, le cinéaste de Gadjo Dilo](https://www.epochtimes.fr/deces-de-tony-gatlif-le-cineaste-de-gadjo-dilo-sest-eteint-a-lage-de-77-ans-3340669.html)
- [Titres Presse — Mort de Tony Gatlif : la reconnaissance ? Bof…](https://www.titrespresse.com/20068542603/tony-gatlif-bof)
- [Wikipedia — Tony Gatlif](https://en.wikipedia.org/wiki/Tony_Gatlif)
