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Ocarina of Time Switch 2 : 37/40, et le souvenir du 40/40 de 1998

Nintendo EPD a tout refait : voix, orchestre, caméra libre, micro pour l'ocarina. Famitsu salue, mais égale seulement la note du remake 3DS.

La rédaction GolemTech News généré le 2026-11-04 6 min de lecture 5 sources

Le 5 novembre 2026, Link ressort de son sommeil pour la troisième fois. Ocarina of Time sur Switch 2 n'est ni un portage ni une remasterisation : Nintendo a reconstruit son jeu de 1998 de fond en comble, avec des cinématiques doublées, un orchestre symphonique et une caméra qui obéit enfin. La première note est tombée — 37/40 chez Famitsu — et elle raconte exactement le dilemme de ce remake.

28 ans, et toujours la même quête

Petit rappel pour ceux qui n'étaient pas nés. The Legend of Zelda: Ocarina of Time sort sur Nintendo 64 en 1998. C'est le premier Zelda en trois dimensions, celui qui invente la visée automatique dans un jeu d'action-aventure, celui qui ose faire voyager son héros dans le temps entre une enfance et un âge adulte, celui qui écoule plus de sept millions de cartouches et finit par squatter le haut de toutes les listes de « meilleur jeu de l'histoire » pendant un quart de siècle.

Il a déjà eu droit à une seconde vie en 2011, sur Nintendo 3DS, via le studio Grezzo. Cette fois, le chantier est reparti de la maison mère : c'est Nintendo EPD, le département interne qui produit Zelda, Mario et Splatoon, qui a repris le dossier — et non Grezzo, comme beaucoup l'attendaient. Le remake a été annoncé lors du Nintendo Direct du 9 juin 2026. Il sort en exclusivité Switch 2, à 59,99 $ en dématérialisé et 69,99 $ en boîte.

Ce que Nintendo a vraiment refait

La liste est plus longue qu'un simple lifting graphique.

Côté maniabilité, le jeu a été rapatrié dans les standards actuels :

  • Link peut courir et nage plus vite ;
  • le saut passe sur un bouton, au lieu de se déclencher automatiquement au bord d'une plateforme ;
  • la caméra est entièrement libre, en vue rapprochée par-dessus l'épaule ;
  • la visée utilise le gyroscope de la manette.

Côté présentation, le changement de registre est net. Les cinématiques sont intégralement doublées — une première pour un Zelda de cette époque, qui n'avait jamais eu que des bulles de texte et des grognements. Les dialogues des personnages secondaires ont été étoffés. La bande-son, elle, passe de la puce sonore de la N64 à un orchestre symphonique complet.

Deux ajouts méritent le détour :

  • Threads of Time, un journal qui garde la trace des objectifs en cours. Ocarina of Time avait la réputation méritée de laisser le joueur sans indication pendant des heures ;
  • le Hall des héros déchus, une salle qui permet de rejouer les combats de boss à la demande.

Et un détail que les vétérans ont immédiatement repéré : le temps s'écoule désormais en continu, y compris dans les villages et à l'intérieur des bâtiments. Dans la version N64, l'horloge se figeait dès qu'on passait une porte. Ça n'a l'air de rien. Ça modifie la logique de plusieurs quêtes secondaires.

Enfin, la trouvaille la plus bizarre et la plus charmante : on peut jouer les mélodies de l'ocarina au micro de la Switch 2. Siffler Zelda's Lullaby pour ouvrir une porte, en 2026.

Les notes : 37/40, et le fantôme du 40/40

Famitsu, le magazine japonais de référence, a publié le premier test. Quatre critiques, quatre notes : 9, 9, 9 et 10. Total : 37 sur 40.

C'est excellent. Et c'est en dessous.

En 1998, Ocarina of Time avait obtenu le tout premier 40/40 de l'histoire de Famitsu — un score parfait que le magazine n'avait jamais accordé en douze ans d'existence. Le remake 3DS de 2011 avait décroché 37/40. Le remake Switch 2 fait exactement le même score que le remake 3DS. Treize points d'écart, zéro progression sur l'échelle Famitsu.

Les éloges portent sur ce qu'on attendait : la caméra fluide, les commandes assainies, le rythme de jeu plus coulant, les graphismes refaits. Les réserves, elles, sont plus intéressantes. Les testeurs jugent le jeu « relativement simple comparé à de nombreux titres modernes », et signalent des objectifs parfois peu clairs — exactement le défaut que Threads of Time était censé corriger. Une critique du magazine pointe aussi un rythme plus haché que celui de l'original, ce qui est un reproche sévère pour un remake dont la mission était de ne rien casser.

Une autre évaluation, fuitée avant l'heure et reprise un peu partout, résumait le jeu en un mot : « safe ». Prudent. Sans risque.

La direction artistique a déclenché la bagarre la plus bruyante depuis l'annonce.

Nintendo revendique un « réalisme stylisé » et dit s'être inspiré du ningyōgeki, le théâtre de marionnettes japonais, pour la conception des personnages — l'objectif affiché étant de retrouver « la texture analogique des effets spéciaux pratiques » au cinéma. L'intention est noble, et les décors font l'unanimité : la plaine d'Hyrule, le village Cocorico, le temple du Temps bénéficient d'un niveau de détail qui n'avait jamais été possible.

Les visages, en revanche, divisent franchement. Une partie de la communauté trouve les modèles de personnages mous, lisses, et les compare — c'est méchant mais révélateur de l'époque — à des résultats d'upscaling par IA, voire à des projets de fans réalisés sous Unreal Engine. Quand votre remake officiel se fait comparer défavorablement à un mod amateur, il y a une discussion à avoir sur l'identité visuelle.

Nintendo accompagne la sortie d'une Switch 2 collector aux couleurs de Zelda et de deux amiibo, Link enfant et Zelda enfant, prévus d'ici 2027.

Pourquoi ce remake compte pour la Switch 2

Il ne s'agit pas seulement de nostalgie monétisée, même si c'est aussi de la nostalgie monétisée.

La Switch 2 a besoin d'exclusivités identifiables, et Nintendo a un calendrier à remplir en attendant les gros titres inédits. Ocarina of Time coche toutes les cases : notoriété mondiale, coût de production inférieur à un épisode original, public garanti sur trois générations de joueurs. C'est de la mécanique commerciale bien huilée.

Le vrai pari est ailleurs. Nintendo a choisi la fidélité plutôt que la réinvention : même structure, même progression, même longueurs. Le studio avait l'alternative — refondre les donjons, rééquilibrer la courbe, moderniser le level design, comme Capcom l'a fait avec ses Resident Evil. Il a dit non. Ce choix protège le jeu des reproches des puristes et l'expose à l'autre critique, celle de Famitsu : un titre de 1998 reste un titre de 1998, y compris dans ses frustrations.

À qui ça s'adresse, honnêtement

Si vous avez joué à Ocarina of Time sur N64 et que vous en gardez un souvenir intact, vous allez y retrouver votre jeunesse avec un orchestre derrière. Le plaisir sera réel, l'étonnement limité.

Si vous n'y avez jamais touché, c'est le meilleur moment pour commencer : la caméra, la course et le journal d'objectifs retirent les trois vraies barrières d'entrée de la version d'origine.

Si vous attendiez un Zelda qui vous surprenne après Tears of the Kingdom, passez votre chemin. Ce n'est pas le projet.

Le test français complet tombera dans les heures qui suivent la sortie, et l'agrégation des notes dira si le 37/40 de Famitsu était généreux ou sévère. En attendant, une chose est sûre : le 5 novembre, beaucoup de gens vont siffler dans le micro d'une console pour ouvrir une porte imaginaire. Et ça, aucun jeu de 2026 n'avait pensé à le faire.

Sources

  1. Notebookcheck — Famitsu gives Zelda: Ocarina of Time remake 37/40
  2. Wikipedia — The Legend of Zelda: Ocarina of Time (2026 video game)
  3. Nintendo Everything — Ocarina of Time Switch 2 remake gets first review score
  4. Nintendo Life — Ocarina of Time Switch 2 development team revealed
  5. Notebookcheck — Leaked review calls Switch 2 game safe with pacing issues

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