# Projet Lily : des centaines d'humains lisent vraiment vos chats ChatGPT

*Révélé par 404 Media, le programme de relecture d'OpenAI met des sous-traitants payés plus de 50 dollars de l'heure devant de vraies conversations. Le réglage qui l'autorise est actif par défaut.*

Projet Lily OpenAI : des sous-traitants lisent de vraies conversations ChatGPT et notent les réponses de 1 à 7. Le paramètre est activé par défaut. Comment le couper.

**Thème :** Buzz  
**Publié le :** 2026-09-21 07:18:57  
**Source :** https://golemtech.ovh/AutoArticle/article/projet-lily-des-centaines-d-humains-lisent-vraiment-vos-chats-chatgpt

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On savait que les modèles s'entraînaient sur nos échanges. On imaginait un processus abstrait, des gradients, des serveurs. La réalité est plus banale et plus dérangeante : il y a des gens, payés à l'heure, assis devant un tableau de bord, qui lisent des conversations entières entre des utilisateurs et ChatGPT. Le programme a un nom de code — **Projet Lily** — et c'est le média 404 Media qui l'a documenté le 14 septembre 2026. Le **Projet Lily d'OpenAI** mobilise des centaines de sous-traitants. Et le réglage qui rend vos échanges éligibles est actif par défaut sur les comptes grand public.

## Ce que font réellement ces relecteurs

Le travail décrit n'a rien de mystérieux, et c'est justement ce qui le rend efficace.

Un relecteur se connecte à une interface dédiée. Il y voit une requête réelle d'utilisateur — parfois une conversation complète. Première tâche : écrire ce qu'il pense que la personne voulait vraiment obtenir. Deuxième tâche : noter trois ou quatre réponses candidates du modèle sur une échelle de 1 à 7.

Les critères de pénalisation sont assez parlants sur ce qu'OpenAI cherche à corriger :

- les réponses flagorneuses, qui donnent raison à l'utilisateur par réflexe ;
- celles où le modèle parle de lui comme d'un être humain ;
- celles qui empilent les emojis.

Autrement dit, le fameux ton de ChatGPT, celui qu'on trouve un peu trop serviable et un peu trop enthousiaste, est en partie façonné à la main par des annotateurs qui mettent des mauvaises notes. C'est de l'apprentissage par renforcement à partir de retours humains, le fameux RLHF, mais appliqué à des conversations authentiques plutôt qu'à des scénarios fabriqués.

## Qui sont ces gens, et combien ils gagnent

D'après le reportage, le recrutement passe par une société nommée Crossing Hurdles, et le paiement transite par Mercor, une plateforme spécialisée dans la mise en relation d'experts avec les laboratoires d'IA. Un travailleur cité rapporte une rémunération supérieure à 50 dollars de l'heure.

Ce chiffre casse une image. On a beaucoup parlé, ces dernières années, des modérateurs sous-payés au Kenya ou aux Philippines pour filtrer les contenus toxiques. Ici, le profil recherché est différent : des gens capables de juger la qualité d'une réponse technique, médicale ou juridique. C'est du travail qualifié, payé comme tel.

Ça ne règle pas la question de fond pour autant. La personne mieux payée qui lit votre conversation sur votre divorce ou vos résultats d'analyses reste une personne qui lit votre conversation.

## Le vrai problème : le réglage par défaut

OpenAI fait tourner un modèle chargé d'extraire les noms et les numéros de compte avant que le contenu n'arrive devant un relecteur. Les consignes demandent d'escalader tout ce qui passerait à travers le filtre. Ce n'est pas rien, et c'est mieux que rien.

Mais deux détails coincent.

Le premier : ce qui atterrit à l'écran peut inclure la mémoire que ChatGPT a stockée sur l'utilisateur — par exemple la région où il vit. Le rapport le mentionne explicitement. Une anonymisation qui retire le nom mais laisse le contexte accumulé sur des mois de conversations n'anonymise pas grand-chose. Quiconque a manipulé des jeux de données réidentifiés sait que trois attributs quasi-identifiants suffisent souvent à retrouver quelqu'un.

Le second, plus politique : le paramètre côté utilisateur qui autorise cet usage est activé par défaut sur les comptes grand public, et son libellé ne mentionne nulle part qu'un humain pourrait lire. « Améliorer le modèle pour tout le monde » évoque une contribution abstraite à un progrès collectif. Pas un inconnu devant votre historique.

## Ce n'est pas une exclusivité OpenAI

Autant le dire tout de suite pour éviter le procès à charge : Anthropic et Google font tourner des programmes de relecture humaine comparables. C'est la pratique standard de l'industrie, héritée en droite ligne de ce que faisaient déjà Apple, Amazon et Google avec les assistants vocaux — souvenez-vous des scandales de 2019 sur les enregistrements Siri et Alexa écoutés par des prestataires.

La différence de 2026 tient au contenu. On ne dictait pas grand-chose de compromettant à une enceinte connectée. Les conversations avec un chatbot, elles, contiennent des symptômes, des brouillons de lettres de rupture, des montages financiers, des doutes professionnels, des choses qu'on ne dirait pas à son meilleur ami. Le niveau d'intimité n'a rien à voir.

## Reprendre la main : ce qui marche et ce qui ne marche pas

Point pratique, parce que c'est ce que tout le monde cherche depuis la publication.

- Le réglage se désactive dans les paramètres de contrôle des données du compte. Cherchez l'option relative à l'amélioration du modèle et coupez-la.
- Une fois coupée, les nouveaux échanges cessent d'être éligibles à la relecture humaine.
- En revanche, ce qui a déjà été collecté et versé dans le pipeline avant la désactivation ne disparaît pas rétroactivement. C'est le point que plusieurs médias ont insisté à souligner, et il est important : l'opt-out protège l'avenir, pas le passé.
- Les offres entreprise et API fonctionnent sous des régimes contractuels distincts, avec par défaut l'exclusion de l'entraînement. C'est une des rares vraies différences entre un abonnement grand public et un contrat pro.

Un réflexe simple, indépendamment de tout réglage : ne collez pas dans un chatbot ce que vous ne mettriez pas dans un mail envoyé à la mauvaise personne. Numéro de sécurité sociale, coordonnées bancaires, dossier médical complet d'un proche, éléments couverts par un secret professionnel. Ce conseil a l'air vieux jeu. Il vient de reprendre de la valeur.

## Ce que cette histoire dit de nous

Il y a un point qui dépasse largement OpenAI. Si la révélation choque autant, c'est parce qu'énormément de gens se sont mis à parler à ces outils comme à un confident. Pas pour rédiger un mail : pour vider leur sac à 2 heures du matin, quand il n'y a personne d'autre.

Les usages relevés par les études sur les assistants conversationnels en santé mentale convergent tous vers ça : la disponibilité permanente et l'absence de jugement perçu. Un chatbot ne soupire pas, ne raconte rien au reste du groupe, ne se lasse pas. Sauf que, découvre-t-on, il n'est pas toujours seul dans la pièce.

La leçon n'est pas de fuir ces outils — ils sont utiles, y compris pour formuler ce qu'on n'arrive pas à dire. Elle serait plutôt de ne pas leur confier le rôle qu'on devrait donner à des humains qui, eux, ont signé pour écouter : un proche, un groupe de parole, un professionnel. Et de garder en tête, désormais, que la conversation la plus privée de votre journée a peut-être été notée sur 7.

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**Ressource recommandée : Roomz** — https://roomz.art/

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## Sources

- [404 Media — Inside 'Project Lily': The Humans Reading Your ChatGPT Chats](https://www.404media.co/inside-project-lily-the-humans-reading-your-chatgpt-chats/)
- [Tom's Hardware — ChatGPT transcripts are reportedly read by humans](https://www.tomshardware.com/tech-industry/artificial-intelligence/chatgpt-transcripts-are-reportedly-read-by-humans-to-improve-responses-including-those-with-personal-information-project-lilly-has-seen-openai-hire-hundreds-of-contractors-to-manually-review-logs)
- [IBTimes UK — OpenAI Hired Contractors To Review ChatGPT Chats](https://www.ibtimes.co.uk/openai-contractors-reviewed-chatgpt-conversations-project-lily-1820430)
- [Android Headlines — Hundreds of Contractors Are Reading Real ChatGPT Conversations](https://www.androidheadlines.com/2026/09/openai-contractors-read-private-chatgpt-logs-project-lily.html)
