# PXT3003 Charcot-Marie-Tooth : une phase III positive en Chine

*176 patients, quinze mois de traitement, trois vieilles molécules à micro-doses : le candidat français relance l'espoir sur la neuropathie héréditaire la plus fréquente.*

PXT3003 Charcot-Marie-Tooth : la phase III chinoise atteint son critère principal chez 176 patients CMT1A. Résultats ONLS, tolérance, limites et suite du dossier.

**Thème :** Science  
**Publié le :** 2026-09-09 07:19:21  
**Source :** https://golemtech.ovh/AutoArticle/article/pxt3003-charcot-marie-tooth-une-phase-iii-positive-en-chine

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Une neuropathie héréditaire qui touche environ une personne sur 2 500 toutes formes confondues, pas un seul traitement de fond approuvé, et un candidat médicament français au parcours industriel chaotique. Le dossier **PXT3003 Charcot-Marie-Tooth** vient de gagner une manche : la publication scientifique, annoncée le 9 septembre 2026, des résultats d'un essai de phase III mené en Chine chez des patients atteints de CMT de type 1A.

Le critère principal est atteint. Modestement, mais il est atteint.

## Rappel : c'est quoi, la CMT1A

La maladie de Charcot-Marie-Tooth n'a rien à voir avec la maladie de Charcot (SLA), malgré la confusion permanente. Il s'agit d'un groupe de neuropathies périphériques héréditaires — les nerfs qui relient la moelle épinière aux muscles se dégradent progressivement.

La forme **1A**, la plus fréquente, est causée par une **duplication du gène PMP22** sur le chromosome 17. Trop de copies du gène, trop de protéine, gaine de myéline défectueuse, conduction nerveuse ralentie.

Les conséquences, chez les patients :

- faiblesse et fonte musculaire des jambes, puis des mains ;
- pieds creux, orteils en griffe, chevilles instables ;
- **déficit de dorsiflexion de la cheville** — le pied ne se relève plus, d'où le steppage caractéristique et les chutes ;
- perte de sensibilité, douleurs, fatigue.

Ça commence souvent à l'adolescence, ça progresse lentement, ça n'atteint généralement pas l'espérance de vie. Et jusqu'ici, la prise en charge se limite à la kinésithérapie, aux orthèses et à la chirurgie orthopédique. Rien pour ralentir la mécanique elle-même.

## L'essai chinois, en détail

Le design est solide et classique :

- **176 patients** chinois, âgés de 16 à 65 ans, atteints d'une CMT1A confirmée génétiquement, de sévérité légère à modérée.
- **25 centres** participants.
- Essai **multicentrique, randomisé, en double aveugle contre placebo**.
- Durée de traitement : **15 mois**.
- Administration orale, deux prises par jour : 5 mL par prise pendant deux semaines, puis passage à 10 mL.

Le critère principal est l'**ONLS** (Overall Neuropathy Limitations Scale), une échelle qui mesure les limitations fonctionnelles des membres supérieurs et inférieurs. Une baisse du score signifie une amélioration.

À 15 mois :

- Groupe PXT3003 : variation moyenne de l'ONLS de **−0,268** (écart-type 0,82).
- Groupe placebo : **+0,013** (écart-type 0,65).
- **Différence entre groupes : −0,249, p = 0,0257.**

À retenir aussi : le groupe placebo s'est très légèrement dégradé, le groupe traité s'est amélioré. Ce n'est pas seulement un ralentissement de la progression — c'est un gain net, aussi petit soit-il.

## Ce qui bouge, ce qui ne bouge pas

Les critères secondaires racontent une histoire nuancée, et c'est important de la lire en entier.

**Significatifs :**

- le **sous-score ONLS des membres inférieurs** ;
- la **force de dorsiflexion de la cheville** — précisément le déficit qui gâche la marche au quotidien.

**Favorables numériquement, mais non significatifs :**

- le **CMTNS-v2** (score composite de sévérité neurologique) ;
- le **test de marche sur 10 mètres** ;
- la **force de préhension**.

Autrement dit : l'effet se concentre sur les jambes, et sur la cheville en particulier. Les mains ne suivent pas. C'est cohérent avec ce que l'on sait de la maladie, qui frappe d'abord les extrémités les plus éloignées de la moelle, mais ça limite la portée du bénéfice.

Un signal supplémentaire, à traiter avec prudence car issu d'analyses de sous-groupes : les **patients les plus jeunes** et ceux de sévérité **modérée** semblent tirer davantage de bénéfice. Si ça se confirme, ça oriente vers un traitement précoce — ce qui est exactement le message inverse de ce que produit le parcours diagnostique actuel, souvent très long.

## La tolérance, point fort du dossier

C'est probablement l'argument le plus solide.

- Événements indésirables : **29,5 %** sous PXT3003 contre **27,3 %** sous placebo.
- **Tous d'intensité légère.**
- **Aucun événement indésirable grave lié au traitement.**

Un écart de deux points entre traitement et placebo, ça veut dire que le produit est, en pratique, aussi bien toléré qu'un sirop sans principe actif. Pour une maladie chronique qu'on traiterait sur des décennies, ce profil pèse lourd dans la balance bénéfice/risque.

L'explication tient à la composition : le PXT3003 associe trois molécules anciennes et bien connues — **baclofène, chlorhydrate de naltrexone et D-sorbitol** — à des concentrations très faibles, en formulation liquide. Le pari pharmacologique est celui de la synergie : trois substances à doses infra-thérapeutiques agissant ensemble sur l'expression de PMP22 et sur la myélinisation, là où aucune ne ferait quoi que ce soit isolément. C'est aussi ce qui explique la tolérance : à ces doses, les effets secondaires classiques du baclofène (somnolence, faiblesse musculaire) ne s'expriment pas.

## Les réserves à garder en tête

- **L'amplitude est faible.** −0,249 point sur l'ONLS, c'est statistiquement significatif mais cliniquement discret. La question « le patient sent-il la différence dans sa vie ? » reste ouverte.
- **Le p vaut 0,0257.** C'est positif, ce n'est pas écrasant. Un essai de confirmation reste nécessaire pour lever tout doute.
- **La population est exclusivement chinoise.** La généralisation à d'autres populations demande des données complémentaires, notamment sur le métabolisme des trois composants.
- **Le contexte industriel est fragile.** Le PXT3003 a été développé par Pharnext, société française qui a traversé de très lourdes difficultés financières après un premier programme de phase III international. Un résultat positif ne fait pas un médicament disponible ; il faut derrière un dossier réglementaire, un fabricant et un financeur.
- **Quinze mois, c'est court** face à une maladie qui évolue sur cinquante ans.

## Pourquoi ça compte quand même

Parce qu'il n'y a rien d'autre. Aucun traitement modificateur de la maladie n'est approuvé dans la CMT1A, nulle part. Les approches concurrentes — thérapie génique visant à réduire l'expression de PMP22, oligonucléotides antisens — sont pour la plupart à des stades bien plus précoces et nettement plus lourdes à administrer.

Un comprimé buvable, deux fois par jour, aussi bien toléré qu'un placebo, avec un effet mesurable sur la dorsiflexion de cheville : même modeste, ça change la conversation pour les familles concernées. Et ça valide, accessoirement, une stratégie de repositionnement de vieilles molécules à faible dose que beaucoup jugeaient fumeuse il y a dix ans.

La suite se jouera sur deux fronts : la reproduction du résultat hors de Chine, et la capacité d'un industriel à porter le dossier jusqu'à une autorisation de mise sur le marché. Le premier est un problème scientifique. Le second, dans ce dossier précis, a toujours été le plus difficile.

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**Ressource recommandée : TextReader** — https://golemtech.ovh/TextReader/

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## Sources

- [PMC — A phase III clinical trial of PXT3003 in Chinese patients with CMT1A](https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC13544322/)
- [Actusnews — Neovacs : publication des résultats de phase III de PXT3003 en Chine](https://www.actusnews.com/fr/neovacs/cp/2026/09/09/nouvelle-publication-scientifique-des-resultats-de-phase-iii-de-pxt3003-en-chine)
- [BioSpace — PLEO-CMT trial data published in Orphanet Journal of Rare Diseases](https://www.biospace.com/data-from-first-phase-iii-clinical-study-of-pxt3003-in-charcot-marie-tooth-disease-type-1a-the-pleo-cmt-trial-published-in-the-orphanet-journal-of-rare-diseases)
- [PMC — Randomized trial of PXT3003 for Charcot-Marie-Tooth type 1A](https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC8520617/)
