# Santé mentale au travail 2026 : ça va mieux, on en parle moins bien

*Le bien-être des salariés remonte pour la première fois depuis des années, mais les préjugés sur les troubles psy, eux, se durcissent de dix points.*

Santé mentale au travail 2026 : le score de bien-être progresse, un salarié sur quatre reste en détresse et la stigmatisation repart à la hausse.

**Thème :** Psycho  
**Publié le :** 2026-10-03 07:16:36  
**Source :** https://golemtech.ovh/AutoArticle/article/sante-mentale-au-travail-2026-ca-va-mieux-on-en-parle-moins-bien

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Deux courbes qui partent dans des directions opposées, c'est toujours le moment le plus intéressant d'une enquête. Celle d'Ifop, menée avec moka.care et le GHU Paris auprès de 2 000 salariés en mars 2026, en offre un cas d'école : la santé mentale au travail s'améliore mesurablement, et en même temps le regard porté sur les troubles psychiques se durcit. On guérit un peu mieux, on juge un peu plus fort.

## Le chiffre qui remonte

L'indicateur central est le score WHO-5, une échelle de bien-être mental validée par l'OMS. Il passe de **59,8 % en janvier 2025 à 62,8 % en janvier 2026**. Trois points, sur un outil de ce type, ce n'est pas du bruit statistique : c'est une inflexion.

Dans le détail, les symptômes du quotidien reculent :

- troubles du sommeil : **55 % → 48 %** ;
- irritabilité : **36 %** des salariés concernés ;
- **74 %** déclarent désormais un « bon » niveau de santé mentale.

Une autre enquête va dans le même sens. Le baromètre Qualisocial x Ipsos 2026 recense **22 %** de salariés en difficulté psychologique, contre 25 % en 2025. Deux méthodologies différentes, une même direction : après les années post-Covid, quelque chose s'est détendu.

## Le chiffre qui ne bouge pas

Maintenant la face sombre, et elle est épaisse. **Environ un salarié sur quatre reste en détresse psychologique.** Sur une population active de plusieurs millions de personnes, l'amélioration de trois points laisse intact un socle qui n'a rien de marginal.

Surtout, la mesure rétrospective est brutale : près de **7 salariés sur 10** disent avoir connu au moins un trouble de santé mentale lié à leur travail au cours des cinq dernières années. Pas « dans leur vie ». Lié au travail.

Autres données de l'enquête Ifop :

- **41 %** rapportent une fatigue chronique ;
- **24 %** ont vécu un épisode de burn-out sur les cinq dernières années ;
- **73 %** des femmes disent avoir ressenti au moins un trouble lié au travail, contre **62 %** des hommes ;
- le score de bien-être s'établit à **60** chez les femmes contre **66** chez les hommes.

Un salarié sur quatre en détresse, un sur quatre passé par un burn-out : on peut appeler ça une amélioration, à condition de ne pas confondre amélioration et normalité retrouvée.

## Les moins de 35 ans encaissent toujours le plus

L'écart générationnel est le résultat le plus stable d'une enquête à l'autre, et aussi le plus gênant pour le discours managérial ambiant sur la « génération fragile ».

- **76 %** des moins de 35 ans déclarent des troubles liés au travail ;
- **46 %** des 18-24 ans rapportent un stress chronique, soit environ le double de leurs aînés.

Il y a deux façons de lire ça. Soit les jeunes actifs vont réellement plus mal — précarité des débuts de carrière, logement, charge mentale numérique. Soit ils nomment ce que les générations précédentes encaissaient sans mot. Les données disponibles ne permettent pas de trancher, et honnêtement, les deux mécanismes jouent probablement ensemble. Ce qui est sûr : un jeune salarié sur deux en stress chronique, c'est un problème de conception du travail, pas un problème de caractère.

## Le vrai retournement : la stigmatisation repart

Voilà la partie que personne n'attendait. Sur les représentations, l'enquête enregistre un net recul.

- **32 %** des personnes interrogées considèrent les troubles psychologiques comme « un signe de faiblesse » — **en hausse de 10 points** ;
- **29 %** associent le fait de consulter un thérapeute à un échec personnel ;
- **54 %** estiment que la santé mentale « doit rester une affaire privée ».

Et dans le même questionnaire, **85 %** attendent de leur employeur qu'il protège leur santé mentale. Cherchez l'erreur : une majorité veut être protégée, une majorité veut que le sujet reste hors du collectif.

Le baromètre Mercer, réalisé avec YouGov et le Craps (terrain avril 2025), documentait déjà les conséquences concrètes de ce regard :

- **8 Français sur 10** pensent qu'une personne souffrant de troubles psychiques a plus de mal à trouver un emploi ;
- **7 sur 10** qu'elle a plus de mal à le garder ;
- **1 sur 2** qu'elle ne peut pas exercer de responsabilités managériales.

Quand la moitié du pays considère qu'un trouble psy disqualifie pour encadrer une équipe, on comprend pourquoi 54 % préfèrent se taire. Le silence n'est pas de la pudeur, c'est un calcul rationnel.

## Pourquoi les deux courbes peuvent monter en même temps

Ce paradoxe a une explication plausible, même si elle reste une hypothèse : la santé mentale est devenue un sujet de communication d'entreprise. Affiches, webinaires, plateformes d'écoute, « semaines du bien-être ». Visibilité massive, du jour au lendemain.

Or la visibilité produit deux effets inverses. Elle libère la parole de ceux qui souffrent — d'où l'amélioration des indicateurs vécus, les gens consultent plus tôt. Et elle provoque une réaction de rejet chez une partie des collègues, qui perçoivent une mode, une psychologisation des problèmes d'organisation, voire un avantage accordé à certains. D'où la remontée du « signe de faiblesse ».

Autre lecture, plus terre à terre : quand le marché de l'emploi se tend, les critères implicites d'embauche se durcissent, et tout ce qui ressemble à une fragilité devient un filtre.

## Les dispositifs existent, mais pas pour tout le monde

**73 %** des salariés déclarent que des mesures de prévention existent dans leur entreprise, soit trois points de plus qu'en 2025. Progrès réel.

Sauf que le baromètre Qualisocial x Ipsos pose la contre-mesure : **un salarié sur deux n'a accès à aucune prévention**. L'écart entre les deux enquêtes raconte la réalité du tissu économique français — les grandes entreprises ont tout, les TPE et les PME n'ont rien, et la moyenne nationale masque cette fracture.

Un enseignement revient avec insistance dans l'enquête Ifop : la **proximité managériale** pèse plus lourd, dans la réduction du risque, que les outils formels. Une plateforme de téléconsultation psy ne compense pas un manager qui ne voit pas qu'un collaborateur décroche. L'inverse est vrai aussi : un bon manager sans dispositif tient un moment, puis s'épuise.

## Ce qu'il faut en faire

Pour un employeur, trois actions sortent directement des données : regarder les moins de 35 ans séparément dans les indicateurs internes, former les managers de proximité plutôt que d'empiler les outils, et accepter que le sujet de la stigmatisation se travaille en interne — pas avec une affiche, avec des règles claires sur ce qui arrive à quelqu'un qui déclare un arrêt pour motif psychique.

Pour un salarié, le chiffre le plus utile est peut-être celui-ci : 7 sur 10 ont connu un trouble lié au travail en cinq ans. Statistiquement, dans un bureau de dix personnes, sept sont passées par là. Le silence organisé laisse croire qu'on est seul. Les données disent le contraire.

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**Ressource recommandée : PsyTestHub** — https://golemtech.ovh/PsyTestHub/

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## Sources

- [Éditions Tissot](https://www.editions-tissot.fr/actualite/sante-securite/grande-enquete-2026-sur-la-sante-mentale-au-travail-des-progres-a-nuancer)
- [DirectMag](https://www.directmag.com/psychologie/info19209/sante-mentale-travail-2026-bien-etre-tabous.html)
- [Mercer — Baromètre santé mentale](https://www.mercer.com/fr-fr/insights/total-rewards/barometre-sante-mentale/)
