# Sémaglutide et asthme : 40 % de crises en moins, et beaucoup de prudence

*Présentée à Barcelone début septembre, une série d'analyses britanniques associe l'Ozempic à une chute nette des crises d'asthme et des exacerbations de BPCO. Les auteurs eux-mêmes freinent des deux pieds.*

Le sémaglutide est associé à 40 % de crises d asthme en moins et 20 % d exacerbations de BPCO en moins. Ce que dit vraiment l etude britannique presentee a Barcelone.

**Thème :** Santé  
**Publié le :** 2026-09-15 07:14:11  
**Source :** https://golemtech.ovh/AutoArticle/article/semaglutide-et-asthme-40-de-crises-en-moins-et-beaucoup-de-prudence

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Il y a des molécules qui finissent par ressembler à des couteaux suisses. Le sémaglutide en est une. Diabète de type 2, obésité, apnée du sommeil, insuffisance cardiaque, rein : la liste des bénéfices attribués à l'agoniste du GLP-1 de Novo Nordisk s'allonge à chaque congrès. Début septembre 2026, au congrès de l'European Respiratory Society à Barcelone, un nouveau chapitre s'est ouvert — et il concerne les poumons. Le lien **sémaglutide asthme** est désormais sur la table des pneumologues, avec un chiffre qui claque : près de 40 % de crises en moins.

Avant de vider les pharmacies, il faut lire le détail. Parce que le détail, ici, fait tout.

## Ce qui a été présenté à Barcelone

Les données viennent du Royaume-Uni, et plus précisément des dossiers médicaux électroniques de médecine générale — une mine que les épidémiologistes britanniques exploitent depuis des décennies. Le travail a été dirigé par Chloe Bloom, professeure associée en épidémiologie respiratoire au National Heart & Lung Institute de l'Imperial College London, et présenté sur place par la Dr Bohee Lee.

Le dispositif n'est pas une étude unique mais quatre analyses menées en parallèle, chacune portant sur 20 000 à 22 000 participants. Le principe : comparer des patients qui démarrent un traitement par agoniste du GLP-1 à des patients qui démarrent un sulfamide hypoglycémiant (les sulfonylurées, une vieille famille d'antidiabétiques oraux). Tous ces gens avaient une raison métabolique d'être traités — surpoids ou diabète de type 2 — et une pathologie respiratoire chronique par-dessus.

L'idée derrière ce choix de comparateur est maligne : si l'on comparait les patients sous GLP-1 à des gens sans traitement, on comparerait surtout des malades à des non-malades. En prenant un autre antidiabétique comme référence, on se rapproche un peu d'une comparaison entre pairs.

## Les chiffres, et ce qu'ils recouvrent

Les résultats, tels qu'annoncés :

- **Environ 40 % de crises d'asthme en moins** chez les patients sous sémaglutide, comparés aux patients sous sulfamides.
- **Environ 20 % d'exacerbations de BPCO en moins** — la bronchopneumopathie chronique obstructive, cette maladie qui touche massivement les fumeurs et anciens fumeurs.
- Parmi les différents agonistes du GLP-1 testés, **le sémaglutide ressort comme le plus efficace**. Ce n'est donc pas un effet de classe uniforme : les molécules ne se valent pas dans ces données.

Un point mérite d'être posé clairement : une exacerbation de BPCO, ce n'est pas un petit rhume. C'est souvent une hospitalisation, parfois une entrée en réanimation, et chaque épisode laisse la fonction respiratoire un cran plus bas qu'avant. Réduire leur fréquence d'un cinquième, si c'était confirmé, pèserait lourd.

## Pourquoi une hormone intestinale s'occuperait de vos bronches

Le GLP-1 est à l'origine une hormone sécrétée par l'intestin après un repas. Elle module l'insuline, ralentit la vidange gastrique, coupe l'appétit au niveau central. Rien, a priori, qui parle de bronches.

Deux mécanismes sont avancés par les chercheurs, et aucun n'est démontré ici.

### La piste mécanique

Perdre du poids change la respiration, littéralement. Moins de graisse abdominale et thoracique, c'est un diaphragme qui descend mieux, des volumes pulmonaires qui remontent, une compliance thoracique améliorée. Chez un asthmatique obèse, l'effet peut être spectaculaire sans qu'aucune inflammation bronchique n'ait bougé d'un iota. Cette hypothèse-là est presque triviale — et c'est justement ce qui gêne.

### La piste anti-inflammatoire

L'autre explication, plus intéressante scientifiquement, serait un effet anti-inflammatoire propre du GLP-1, indépendant de la perte de poids. Des récepteurs au GLP-1 existent dans le tissu pulmonaire. L'obésité entretient une inflammation systémique de bas grade qui aggrave l'asthme dit « non-éosinophilique », celui qui répond mal aux corticoïdes inhalés. Si la molécule agissait directement sur cette voie, on tiendrait une piste thérapeutique réelle pour un sous-groupe de patients aujourd'hui mal servis.

Les auteurs formulent cette hypothèse. Ils ne la prouvent pas.

## Le trou dans la raquette

Voici le problème que tout épidémiologiste voit immédiatement : ce type d'étude observationnelle est vulnérable au biais d'indication. Qui reçoit un GLP-1 au Royaume-Uni ? Pas n'importe qui. Souvent des patients suivis, motivés, insérés dans un parcours de soins, avec une couverture qui suit. Ces mêmes patients prennent probablement mieux leur traitement de fond respiratoire, consultent plus tôt, fument peut-être moins.

On compare donc peut-être moins deux médicaments que deux profils de patients.

Chloe Bloom ne cherche d'ailleurs pas à masquer la limite. Sa formule est nette : ces résultats sont encourageants, mais ils ne doivent pas à eux seuls modifier les décisions thérapeutiques. Le Dr Alexander Mathioudakis, cité en commentaire des travaux, va dans le même sens en soulignant que ce signal impose surtout de **considérer la santé métabolique comme partie intégrante de la prise en charge respiratoire**, et appelle à des essais cliniques incluant explicitement des critères respiratoires.

Autrement dit : personne n'a encore randomisé quoi que ce soit sur le souffle.

## Ce que ça change pour un patient aujourd'hui

Rien, ou presque. Et c'est important de le dire sans ambiguïté.

- Le sémaglutide **n'a aucune autorisation de mise sur le marché** dans l'asthme ou la BPCO. Ni en France, ni ailleurs.
- Il ne doit pas être prescrit dans le seul but de prévenir une crise respiratoire.
- En revanche, pour un patient qui a **déjà** une indication métabolique — diabète de type 2, obésité avec comorbidités — et qui traîne un asthme mal contrôlé, ces données rendent le choix de la molécule un peu moins indifférent. C'est une conversation à avoir avec son pneumologue ou son diabétologue, pas une raison d'aller chercher une ordonnance.

Et le contexte français ajoute sa couche : les centres spécialisés dans l'obésité croulent déjà sous les demandes depuis l'élargissement des remboursements. Un signal comme celui-ci risque surtout d'alimenter une pression de prescription qui n'a pas besoin d'aide.

## La suite se joue dans les protocoles

Ce qu'il faut surveiller maintenant, ce sont les essais randomisés. Plusieurs programmes sur les GLP-1 tournent déjà dans le champ cardio-métabolique avec des dizaines de milliers de participants ; y greffer des critères respiratoires secondaires — nombre d'exacerbations, VEMS, recours aux corticoïdes oraux — coûterait relativement peu et trancherait la question en quelques années.

Une autre inconnue mérite d'être posée : que se passe-t-il à l'arrêt ? On sait que le poids revient chez une large part des patients qui interrompent le traitement. Si le bénéfice respiratoire est surtout mécanique, il repartira avec les kilos. S'il est anti-inflammatoire, peut-être pas. Aucune donnée ne permet de répondre aujourd'hui.

Le signal **sémaglutide asthme** reste donc ce qu'il est : une hypothèse solide, issue de vraies données de vie réelle sur plus de 80 000 dossiers cumulés, qui mérite un essai sérieux. Pas une révolution thérapeutique. Le congrès de Barcelone a posé la question ; il ne l'a pas fermée.

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**Ressource recommandée : Aristote** — https://golemtech.ovh/Aristote/

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## Sources

- [MedicalXpress — Semaglutide linked to 20% fewer COPD flare-ups](https://medicalxpress.com/news/2026-09-semaglutide-linked-copd-flare-ups.html)
- [Radio-Canada — L'Ozempic pourrait être utile contre l'asthme et la BPCO](https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2281581/semaglutide-ozempic-asthme-bpco)
- [24matins — Sémaglutide et asthme, un signal prometteur mais encore fragile](https://www.24matins.fr/semaglutide-et-asthme-un-signal-prometteur-mais-encore-fragile-1420251)
- [E-Santé — Ozempic et santé respiratoire](https://www.e-sante.fr/ozempic-et-sante-respiratoire-pres-de-40-de-crises-dasthme-en-moins-selon-une-etude/actualite/615208)
