# STAREE : les statines réduisent de 30 % les accidents après 70 ans

*Un essai australien sur près de 10 000 personnes tranche enfin une question que les médecins bricolaient depuis vingt ans — mais son deuxième résultat dérange.*

L'essai STAREE, présenté à Munich, montre une baisse de 30 % des événements cardiovasculaires sous atorvastatine chez les plus de 70 ans en bonne santé.

**Thème :** Santé  
**Publié le :** 2026-09-01 07:16:11  
**Source :** https://golemtech.ovh/AutoArticle/article/staree-les-statines-reduisent-de-30-les-accidents-apres-70-ans

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Il y a des questions que la médecine traîne pendant des décennies parce que personne n'a envie de payer l'essai qui y répondrait. Faut-il donner une statine à une femme de 74 ans qui va bien, qui n'a jamais fait d'infarctus, qui n'est ni diabétique ni démente, et dont le seul tort est d'avoir un cholestérol un peu haut ? Depuis vingt ans, la réponse dépendait surtout du médecin qu'on avait en face de soi. Le 29 août, à Munich, l'essai **STAREE** a été présenté en Hot Line du congrès de la Société européenne de cardiologie, avec publication simultanée dans le *New England Journal of Medicine*. On a enfin des chiffres.

## Ce que STAREE a réellement testé

L'essai est australien, mené depuis les cabinets de médecine générale — pas depuis des centres hospitaliers ultraspécialisés, ce qui compte pour la transposition au monde réel. 9 971 participants ont été tirés au sort, moitié atorvastatine 40 mg par jour, moitié placebo. Double aveugle. Âge moyen : 74,7 ans. 52 % de femmes.

Le recrutement excluait tout ce qui aurait rendu la question facile :

- pas d'antécédent de maladie cardiovasculaire clinique ;
- pas de diabète ;
- pas de démence.

Autrement dit, la population dont personne ne savait quoi faire. Celle où les recommandations disaient, en substance, « discutez avec votre patient » — formule élégante pour « on ne sait pas ». Le suivi médian a duré 5,9 ans, financé par le National Health and Medical Research Council et la Heart Foundation of Australia.

Particularité méthodologique importante : STAREE ne s'est pas contenté de compter les infarctus. Les investigateurs ont posé **deux** critères principaux. Un critère cardiovasculaire classique, et un critère beaucoup plus ambitieux : la survie sans invalidité. Vivre plus longtemps, oui, mais debout et autonome. Sophia Zoungas, qui a piloté l'essai, l'a formulé sans détour : c'est le premier grand essai randomisé à regarder si les statines en prévention primaire aident les personnes âgées à vivre plus longtemps **en bonne santé**.

## Les chiffres, sans arrondi marketing

Sur le versant cardiovasculaire, le résultat est net :

- événements cardiovasculaires majeurs : **6,0 % sous atorvastatine contre 8,3 % sous placebo** ;
- hazard ratio 0,70, p < 0,001 — soit une réduction relative de 30 % ;
- en absolu, environ 2,3 points de pourcentage sur près de six ans.

Cette dernière ligne mérite qu'on s'y arrête, parce que c'est celle qui disparaît toujours des titres. Une réduction de 30 % sonne spectaculaire. Traduite en nombre de sujets à traiter, on est autour d'une quarantaine de personnes traitées pendant six ans pour éviter un événement. Ce n'est ni ridicule ni miraculeux : c'est le genre de rendement qu'on accepte volontiers pour un comprimé générique à quelques euros la boîte, et qu'on refuserait net pour une molécule à 900 euros le mois.

Et puis il y a le second critère.

## Le résultat qui embête tout le monde

La survie sans invalidité : **12,8 % d'événements sous atorvastatine contre 13,6 % sous placebo**, hazard ratio 0,94, p = 0,25. Non significatif. Traduction : sur ce que les investigateurs eux-mêmes avaient désigné comme le grand enjeu — vieillir autonome — la statine n'a pas fait la différence.

Ce n'est pas un détail qu'on glisse en bas de page. C'est le cœur du problème gériatrique. À 75 ans, la peur dominante n'est pas toujours l'infarctus ; c'est la dépendance, la chute, la perte de mémoire, l'EHPAD. STAREE dit : je vous évite des accidents cardiovasculaires, principalement non fatals, mais je ne vous garantis pas de rester autonome plus longtemps.

Deux lectures s'affrontent, et les deux sont défendables.

- La lecture optimiste : six ans, c'est court pour voir bouger un critère aussi lourd que l'invalidité, qui dépend de l'arthrose, du cancer, de la vue, du logement, de mille choses que l'atorvastatine ne touche pas. Éviter un AVC, ça reste éviter un AVC.
- La lecture sceptique : si le bénéfice ne se traduit pas en années de vie autonome, alors on ajoute un comprimé quotidien à des ordonnances déjà surchargées pour un gain qui reste largement statistique à l'échelle individuelle.

Je penche pour la première, mais sans enthousiasme. Un événement cardiovasculaire évité chez un septuagénaire, c'est souvent une hospitalisation évitée, et une hospitalisation chez une personne âgée, c'est fréquemment le début de la spirale.

## Ce que la tolérance raconte

Les effets indésirables musculaires, hépatiques et liés au diabète ont été plus fréquents sous atorvastatine. Sans surprise : c'est la signature classique de la classe. Les événements indésirables graves, eux, sont restés peu fréquents et équilibrés entre les deux bras, à 2,7 %.

Ce point est intéressant pour une raison précise. Dans la vraie vie, l'argument massue contre les statines chez les personnes âgées est la crainte des douleurs musculaires et de l'iatrogénie. STAREE ne dit pas que ces effets n'existent pas — il les retrouve. Il dit qu'à l'échelle des complications sérieuses, la balance ne bascule pas.

## Pourquoi cet essai n'existait pas avant

Les grands essais historiques sur les statines ont massivement recruté des sexagénaires, avec des personnes âgées sous-représentées et presque toujours en prévention secondaire — c'est-à-dire chez des patients ayant déjà fait un accident. Extrapoler ces résultats à des personnes de 75 ans en pleine forme était un pari, pas une démonstration.

À Munich, STAREE n'était d'ailleurs qu'un essai parmi 59, dévoilés au fil de 12 sessions Hot Line devant environ 30 000 cardiologues. Le congrès a aussi livré des données sur les inhibiteurs du facteur XIa (LIBREXIA ACS, plus de 14 000 patients), sur la confirmation rapide de l'infarctus aux urgences (PRESC1SE-MI, près de 68 000 passages analysés dans plusieurs continents), ou sur l'eplontersen dans l'amylose cardiaque à transthyrétine. Mais c'est bien la vieille statine à quelques centimes qui a raflé l'attention. Il y a une ironie assez savoureuse à voir un générique tenir la vedette dans un congrès saturé de molécules à sept chiffres.

## Ce que ça change en consultation, concrètement

Rien d'automatique. STAREE est un argument, pas une injonction. Ce qu'il permet, c'est de sortir du flou :

- chez une personne de plus de 70 ans sans maladie cardiovasculaire, la statine en prévention primaire a désormais une base de preuve, ce qui n'était pas le cas avant août 2026 ;
- le bénéfice attendu est réel mais modeste en valeur absolue, et porte surtout sur des événements non fatals ;
- la promesse « vous resterez autonome plus longtemps » ne peut pas être faite ;
- la surveillance musculaire et glycémique reste justifiée ;
- chez un patient déjà sous huit médicaments, la question de l'ajout mérite d'être posée franchement, pas expédiée.

Une remarque de méthode, pour finir : la population de STAREE est australienne, recrutée en médecine de ville, plutôt en bonne santé et sans démence. Les personnes les plus fragiles — celles qu'on croise le plus souvent en pratique gériatrique — restent hors du champ de l'essai. La question de la statine chez le patient de 85 ans polypathologique n'a toujours pas de réponse. Elle attendra un autre congrès.

D'ici là, la prochaine consultation de prévention chez un patient de 72 ans a un argument de plus à mettre sur la table. Et un doute honnête à assumer sur l'autre.

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**Ressource recommandée : Objectif Santé+** — https://objectifsante.net/

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## Sources

- [European Society of Cardiology — communiqué STAREE](https://www.escardio.org/news/press/press-releases/cholesterol-lowering-medication-reduces-major-cardiovascular-events-by-30-per-cent-in-older-people-without-known-cardiovascular-disease/)
- [ESC — Hot Lines du congrès 2026](https://www.escardio.org/news/press/press-releases/hot-lines-revealed--the-trials-that-will-make-the-headlines-at-esc-congress-2026/)
- [HCPLive — STAREE : événements CV réduits, invalidité inchangée](https://www.hcplive.com/view/staree-statins-reduce-cardiovascular-events-but-not-disability-in-older-adults)
- [EMJ Reviews — Statins Reduce Cardiovascular Risk in Healthy Older Adults](https://www.emjreviews.com/cardiology/news/statins-reduce-cardiovascular-risk-in-healthy-older-adults-esc-2026/)
- [Medscape France — ESC 2026, les essais qui pourraient faire évoluer les pratiques](https://francais.medscape.com/viewarticle/esc-2026-essais-cliniques-qui-pourraient-faire-2026a1000q31)
