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Vaccination grippe Covid du 13 octobre : trois nouveautés qui coincent

Obligation vaccinale des soignants, ordonnance redevenue obligatoire, Covid qui remonte : la campagne 2026-2027 démarre sous tension.

La rédaction GolemTech News généré le 2026-10-10 7 min de lecture 4 sources
Vaccination grippe Covid du 13 octobre : trois nouveautés qui coincent
Illustration : GolemTech News (IA)

Mardi, les officines ressortent les glacières. La vaccination grippe Covid du 13 octobre 2026 ouvre dans toute la France métropolitaine, et ce n'est pas une édition de routine. C'est la première campagne qui se déroule sous le régime de l'obligation vaccinale antigrippale des soignants. La première depuis que l'ordonnance est redevenue obligatoire pour tous les vaccins contre la grippe. Et elle démarre pendant que le SARS-CoV-2 remonte, ce qui a relancé le débat sur une ouverture anticipée. Trois nouveautés, trois sources de friction.

Ce qui démarre vraiment le 13 octobre

La date a été fixée par la Direction générale de la santé, annoncée le 22 septembre. Elle vaut pour l'Hexagone et la quasi-totalité des territoires ultramarins, avec deux exceptions : Mayotte, qui a ouvert dès septembre, et La Réunion, calée sur le calendrier de l'hémisphère sud et donc déjà passée par sa saison grippale.

Concrètement, à partir de mardi :

  • grippe et Covid peuvent être injectés dans la même séance, sur deux sites d'injection différents, sans aucun délai minimum à respecter entre les deux ;
  • médecins, pharmaciens, infirmiers et sages-femmes vaccinent, chacun dans son périmètre ;
  • les commandes de Comirnaty sont ouvertes depuis le 28 septembre via le portail dédié, avec un délai de livraison d'une dizaine de jours, des quotas, et une consigne explicite de ne pas surstocker.

Ce dernier point mérite d'être lu entre les lignes : les pouvoirs publics veulent éviter de rejouer les palettes de doses périmées. Résultat, un pharmacien qui sous-estime sa demande locale se retrouvera à envoyer des patients chez le voisin pendant dix jours.

Cinq vaccins grippe, un Comirnaty recalibré

Le catalogue de la saison est plus fourni qu'on ne le croit. Cinq vaccins antigrippaux sont disponibles :

  • Efluelda (haute dose) et Fluad (adjuvanté), recommandés de façon préférentielle chez les 65 ans et plus ;
  • Flucelvax, Influvac et Vaxigrip, utilisables à tous les âges éligibles.

La logique derrière cette hiérarchie n'est pas commerciale, elle est immunologique. Le système immunitaire vieillit : moins de lymphocytes T naïfs, réponse anticorps plus molle, mémoire moins durable. On appelle ça l'immunosénescence. Un vaccin standard produit chez une personne de 80 ans une réponse nettement plus faible que chez un adulte de 40 ans. D'où deux stratégies de rattrapage : augmenter la quantité d'antigène (haute dose) ou ajouter un adjuvant qui réveille l'alerte immunitaire locale.

Côté Covid, la formulation retenue est Comirnaty XFG, alignée sur le sous-variant XFG d'Omicron : 30 µg à partir de 12 ans, et une version pédiatrique à 10 µg pour les 6 mois - 11 ans.

Les publics ciblés n'ont pas bougé : 65 ans et plus, femmes enceintes, personnes atteintes de pathologies chroniques (diabète, insuffisance respiratoire, cardiovasculaire, rénale, neurologique, certains cancers, immunodépression), obésité sévère avec IMC ≥ 40, entourage des nourrissons de moins de 6 mois, professionnels en contact avec des personnes fragiles.

Les chiffres qui expliquent la nervosité

La saison grippale 2025-2026 s'est soldée par environ 115 000 passages aux urgences et 24 000 hospitalisations. Ce n'est pas une anomalie statistique, c'est l'ordre de grandeur habituel d'un hiver grippal français, et c'est précisément le problème : on s'y est habitué.

La couverture vaccinale, elle, reste en dessous des objectifs :

  • 53,7 % des 65 ans et plus vaccinés contre la grippe en 2024-2025 ;
  • 82,7 % chez les personnes âgées vivant en collectivité ;
  • 20 % chez les professionnels des établissements de santé ;
  • 21 % chez les professionnels en Ehpad.

Relisez les deux derniers chiffres à côté du troisième. Dans le même bâtiment, 82,7 % des résidents sont vaccinés et 21 % de ceux qui les lavent, les nourrissent et les soignent ne le sont pas. C'est cette asymétrie qui a fini par faire bouger les autorités sanitaires. L'objectif affiché pour les soignants est de 90 % et plus.

L'obligation vaccinale des soignants : une première année en trompe-l'œil

La campagne 2026-2027 est présentée comme la première année de déploiement de l'obligation vaccinale antigrippale des personnels soignants. Attention au mot « déploiement ». Le cadre rendant l'obligation pleinement opposable n'entrera en vigueur qu'à l'issue des travaux réglementaires attendus d'ici la fin du premier trimestre 2027. Traduction : cet hiver, personne ne sera sanctionné. Les soignants sont « fortement incités ».

La Haute Autorité de santé avait recommandé d'instaurer cette obligation de façon progressive, en commençant par les établissements où le rapport bénéfice/risque est le plus évident : Ehpad et unités de soins de longue durée. Là où un virus respiratoire introduit par un membre du personnel rencontre des résidents de 87 ans en moyenne.

Le sujet est politiquement chargé, et il serait malhonnête de prétendre le contraire. L'épisode des suspensions liées à l'obligation Covid de 2021 a laissé des traces dans les équipes, dans les syndicats, et dans la manière dont le mot « obligation » est reçu dans un couloir d'hôpital. Une partie des soignants non vaccinés contre la grippe ne sont pas des militants antivaccins : ils n'ont simplement jamais eu le temps, ou considèrent que la grippe est une affaire de patients, pas de personnel. La campagne de cette année sert aussi à mesurer si l'incitation suffit avant que la contrainte ne tombe.

L'ordonnance obligatoire, le grain de sable

Changement passé largement sous le radar : depuis le 10 juillet 2026, tous les vaccins contre la grippe sont soumis à prescription obligatoire. Les prescripteurs possibles restent larges — médecins, sages-femmes, pharmaciens, infirmiers sous conditions — ce qui permet au pharmacien de prescrire et d'injecter dans la même visite.

Sur le papier, pas de perte de chance. En pratique, c'est un acte administratif de plus à chaque dose, dans des officines qui font déjà les tests antigéniques, les bilans de prévention et la dispensation adaptée. Chaque friction ajoutée coûte des points de couverture vaccinale chez les publics les moins motivés. On verra en janvier si le taux des 65 ans et plus décroche ou pas.

Faut-il avancer la campagne ? Le ministère dit non

Début octobre, la remontée des cas de Covid-19 a fait émerger une question simple : pourquoi attendre le 13 ? Le cabinet de la ministre de la Santé Stéphanie Rist a tranché — « à ce stade, les indicateurs ne montrent pas une situation justifiant d'avancer la campagne ». Le ministère a précisé que l'impact sanitaire de la co-circulation des virus respiratoires « reste faible au niveau national et dans toutes les régions de métropole ».

L'argument inverse existe, et il est sérieux : la protection vaccinale contre les formes graves de Covid s'érode en quelques mois chez les plus âgés. Vacciner trop tôt, c'est risquer d'avoir une immunité basse en février, au cœur de l'hiver. Vacciner trop tard, c'est laisser passer une vague d'octobre. Il n'y a pas de bonne réponse, juste un pari sur la forme de la courbe. Celui du ministère est de tenir la date.

À surveiller dans les prochaines semaines

  • le taux de vaccination des soignants en Ehpad : s'il ne bouge pas malgré l'annonce de l'obligation, le calendrier réglementaire de 2027 va se durcir ;
  • l'effet de l'ordonnance obligatoire sur le volume d'injections en officine par rapport à octobre 2025 ;
  • la dynamique du sous-variant XFG, qui dira si le pari de la date tenue était le bon ;
  • les tensions d'approvisionnement sur Efluelda et Fluad, les deux vaccins préférentiels chez les 65 ans et plus, dont la demande est par construction concentrée sur quatre semaines.

Un dernier point, trivial mais décisif : la grippe et le Covid se prennent le même jour, dans le même bras ou dans les deux, sans attendre. Le nombre de personnes qui repartent avec une seule des deux doses parce que personne ne leur a proposé l'autre reste la perte la plus bête de toute la campagne.

Sources

  1. Vidal — Grippe et Covid-19 : tous les détails de la campagne 2026-2027
  2. Ma Santé — Grippe, Covid-19 : êtes-vous concerné par la vaccination ?
  3. Pharmactu — La HAS recommande la vaccination obligatoire des soignants
  4. franceinfo — Faut-il avancer la campagne de vaccination ?

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