Vaccin grippe 2026-2027 : 56,7 % chez les 65 ans et plus, loin de la cible
La campagne court jusqu'au 31 janvier, les indicateurs sont encore au niveau de base, et novembre est le mois où tout se joue. Ce qui a changé cette année, chiffres et tarifs compris.
La campagne de vaccin grippe 2026-2027 est ouverte depuis le 13 octobre et court jusqu'au 31 janvier 2027. À ce stade, bonne nouvelle : les indicateurs grippaux étaient encore au niveau de base dans toutes les régions de France métropolitaine sur la semaine du 5 au 11 octobre, avec seulement des détections sporadiques. Le virus n'a pas démarré. C'est exactement la fenêtre qu'il faut utiliser, parce qu'un vaccin injecté pendant le pic arrive trop tard pour la moitié de son bénéfice.
Et il reste beaucoup de monde à convaincre. À la clôture de la campagne précédente, la couverture vaccinale atteignait 56,7 % chez les 65 ans et plus. L'objectif, fixé de longue date, est de 75 %. Dix-huit points d'écart, chez la population qui remplit les lits d'hôpital chaque hiver.
Les dates, sans approximation
- 13 octobre 2026 : ouverture en France métropolitaine, grippe et Covid-19 en même temps ;
- 31 janvier 2027 : clôture prévue, sauf prolongation décidée par les autorités ;
- 8 septembre 2026 : ouverture à Mayotte, calendrier avancé ;
- La Réunion : calendrier aligné sur l'hémisphère sud, donc décalé ;
- mi-novembre : la borne que les sociétés savantes répètent chaque année, parce qu'il faut environ deux semaines pour que la protection s'installe.
La saison 2025-2026 donne l'ordre de grandeur du risque : épidémie démarrée début décembre, terminée à la mi-février, dix semaines de circulation. Faites le calcul à l'envers depuis le 1er décembre, retirez les quinze jours d'immunisation, et vous tombez sur la mi-novembre. D'où l'insistance.
Une précision qui évite de renoncer bêtement : il n'est jamais trop tard. L'infectiologie est claire là-dessus — vacciner une personne à risque qui n'a pas encore fait la grippe reste pertinent, même en pleine épidémie.
L'ordonnance obligatoire, le changement de l'année
Depuis le 10 juillet 2026, les vaccins antigrippaux sont soumis à prescription obligatoire. Sur le papier, ça ressemble à un frein administratif. Dans les faits, le parcours du patient ne bouge pas, et c'est tout l'intérêt du dispositif : le prescripteur peut être le médecin, mais aussi le pharmacien, l'infirmier ou la sage-femme.
Concrètement :
- à partir de 11 ans, pharmaciens et infirmiers peuvent prescrire et administrer ;
- en dessous de 11 ans, la prescription relève du médecin ou de la sage-femme ;
- le même professionnel peut enchaîner l'ordonnance et l'injection dans la même visite.
Autrement dit, on entre à la pharmacie sans rien et on en sort vacciné. Ce qui change, c'est la traçabilité : chaque acte est désormais rattaché à une prescription nominative.
Qui est concerné, et combien ça coûte
Les recommandations visent :
- les personnes de 65 ans et plus ;
- les porteurs de maladies chroniques — respiratoires, cardiovasculaires, diabète, immunodépression ;
- les femmes enceintes, à n'importe quel stade de la grossesse ;
- les personnes en obésité sévère, avec un IMC supérieur ou égal à 40 ;
- les résidents d'établissements médico-sociaux ;
- l'entourage des nourrissons à risque — la stratégie dite du cocooning ;
- les professionnels de santé et le personnel soignant.
Côté tarifs : 12,77 € pour un vaccin standard, 24,99 € pour une formulation haute dose ou adjuvantée, destinée aux personnes âgées chez qui la réponse immunitaire s'émousse. Pour les publics recommandés, la prise en charge est intégrale sur présentation du justificatif. Les enfants de 2 à 17 ans sans pathologie chronique sont remboursés à 65 %.
Grippe et Covid le même jour
Les deux vaccins peuvent être administrés lors de la même séance, sur deux sites d'injection distincts, sans délai minimal à respecter. Une seule visite, deux protections. C'est le levier le plus simple pour les personnes âgées peu mobiles, et il reste largement sous-utilisé.
Les enfants, l'angle mort
Le bulletin spécial grippe publié par InfoVac le 28 octobre 2026 insiste sur un point qui passe sous le radar : les enfants de plus de 2 ans en bonne santé devraient être vaccinés. Pas seulement pour eux — un enfant grippé est une machine à transmettre, en classe comme à la maison.
La couverture dans cette tranche d'âge reste faible, et les difficultés d'approvisionnement du vaccin vivant atténué administré par voie nasale n'aident pas. Le spray est pourtant l'argument massue auprès des familles : pas d'aiguille.
Le schéma à connaître, souvent oublié : avant 9 ans, une première vaccination antigrippale se fait en deux doses espacées d'un mois. Une seule dose annuelle ensuite. Une primovaccination incomplète, c'est une protection incomplète.
Pour la grossesse et l'allaitement, le message est sans réserve. Vacciner la mère protège la mère et le nouveau-né, qui ne peut pas l'être avant six mois. L'allaitement n'est pas une contre-indication : les vaccins disponibles sont inactivés, sans pouvoir infectant.
Quant à l'allergie à l'œuf, l'obstacle historique a sauté. Les méthodes de purification actuelles rendent les réactions anaphylactiques extrêmement rares, et il existe un vaccin produit sur culture cellulaire — Flucelvax — pour les cas les plus sensibles. La conduite à tenir se module selon la sévérité de l'allergie, pas selon son existence.
Les débats qui restent ouverts
L'efficacité vaccinale antigrippale est le point faible du dossier, et le nier ne sert personne. Le vaccin est reformulé chaque année à partir des souches anticipées par l'OMS, plusieurs mois avant la saison. Quand le virus dérive entre-temps, la protection baisse.
Ce qui résiste mieux, en revanche, c'est la protection contre les formes graves. Même avec un appariement imparfait, la vaccination réduit le risque d'hospitalisation et de décès. C'est l'argument qui compte à 80 ans, et c'est celui qui passe le moins bien dans le débat public, parce qu'il suppose d'accepter qu'un vaccin puisse ne pas empêcher la maladie tout en sauvant la vie.
L'autre question est sociale. Les 56,7 % de couverture chez les 65 ans et plus ne se répartissent pas uniformément : écarts régionaux, écarts sociaux, écarts d'accès. Toutes régions confondues et tous publics à risque confondus, la couverture tournait autour de 56,2 %, en progression. Progression lente.
Et maintenant
Le calendrier est fixé, les indicateurs sont au repos, les prescripteurs sont quatre fois plus nombreux qu'il y a quelques années. Rien ne manque, sinon les rendez-vous.
Les trois semaines qui viennent décideront de la courbe de décembre. Pour une personne de plus de 65 ans ou atteinte d'une maladie chronique, la décision tient en une ligne : passer en pharmacie avant la mi-novembre, et demander les deux injections d'un coup.