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Vaccination grippe 2026 2027 : tout commence le 13 octobre

Grippe et Covid dans la même consultation, cinq vaccins disponibles, et une obligation pour les soignants qui démarre sans vraiment démarrer.

La rédaction GolemTech News généré le 2026-09-23 5 min de lecture 4 sources
Vaccination grippe 2026 2027 : tout commence le 13 octobre
Illustration : GolemTech News (IA)

Le coup d'envoi est fixé : la campagne de vaccination grippe 2026 2027 ouvre le 13 octobre 2026 dans toute la France métropolitaine, en même temps que la campagne Covid-19. Mayotte et La Réunion suivent un calendrier distinct, calé sur leur propre saisonnalité. Une seule consultation suffit pour les deux injections. Et derrière cette mécanique bien rodée, une saison qui s'annonce plus politique que les précédentes, parce que l'obligation vaccinale des soignants entre officiellement en scène.

Ce qui change concrètement cette année

La co-administration grippe + Covid n'est plus une tolérance, c'est le mode normal. Les deux vaccins peuvent être injectés au cours du même rendez-vous, à condition d'utiliser deux sites d'injection distincts — typiquement un bras chacun. Ça paraît anodin, ça évite surtout un deuxième déplacement, et l'expérience des saisons précédentes montre que le deuxième déplacement, beaucoup ne le font jamais.

Autre point : le réseau de vaccinateurs reste large. Pharmaciens, infirmiers, sages-femmes et médecins peuvent prescrire et injecter aux publics ciblés. Pour une bonne partie des patients, la pharmacie du coin reste le chemin le plus court.

Côté Covid, le vaccin retenu est Comirnaty XFG, décliné en deux formulations : adulte à partir de 12 ans, et pédiatrique de 6 mois à 11 ans.

Qui est concerné

Les cibles n'ont pas bougé radicalement, mais elles valent d'être relues, parce que beaucoup de gens ignorent qu'ils en font partie.

  • Les 65 ans et plus, sans autre condition.
  • Les femmes enceintes, quel que soit le trimestre.
  • Les personnes immunodéprimées.
  • Les résidents d'établissements médico-sociaux, Ehpad en tête.
  • Les personnes en obésité sévère (IMC ≥ 40 kg/m²).
  • Les patients porteurs d'une pathologie respiratoire, cardiovasculaire, rénale, hépatique, neurologique ou métabolique chronique.
  • Les professionnels de santé et toute personne en contact régulier avec des publics fragiles.

Pour le Covid spécifiquement, la liste s'élargit à la trisomie 21, aux troubles psychiatriques et aux démences — trois populations où la surmortalité respiratoire est documentée et où le repérage passe mal.

Si vous êtes l'aidant d'une personne fragile sans être soignant, vous entrez dans la catégorie « entourage » : la vaccination vous est recommandée, et c'est souvent là que la chaîne de transmission se coupe.

Cinq vaccins, et un choix qui n'est pas neutre

Cinq vaccins antigrippaux sont disponibles pour la saison : Efluelda, Fluad, Flucelvax, Influvac et Vaxigrip.

La Direction générale de la santé ne les met pas sur le même plan. Chez les 65 ans et plus, deux sont recommandés préférentiellement :

  • Efluelda, vaccin fortement dosé (quatre fois la dose d'antigène d'un vaccin standard) ;
  • Fluad, vaccin adjuvanté.

La logique tient en un mot : l'immunosénescence. Passé un certain âge, le système immunitaire répond moins bien à une dose standard. Augmenter la charge antigénique ou ajouter un adjuvant sert à compenser ce décrochage. Ce n'est pas une préférence de marque, c'est une réponse à un problème physiologique mesurable.

Flucelvax présente un autre intérêt : produit sur culture cellulaire et non sur œuf embryonné, il évite les mutations d'adaptation à l'œuf qui peuvent dégrader l'appariement entre la souche vaccinale et la souche circulante.

49,6 % : le chiffre qui fâche

La saison 2025-2026 s'est close sur un bilan de couverture décevant :

  • 49,6 % chez l'ensemble des personnes à risque ;
  • 56,7 % chez les 65 ans et plus.

L'objectif de l'Organisation mondiale de la santé, repris par la France, est de 75 %. On en est loin, et l'écart ne se réduit pas.

Traduit autrement : une personne à risque sur deux entre dans l'hiver sans protection grippale. Dans une épidémie qui remplit les urgences pendant six à huit semaines et tue plusieurs milliers de personnes âgées chaque année en France, ces vingt-cinq points manquants ne sont pas une abstraction statistique.

Les freins sont connus et tenaces : la perception que la grippe est bénigne, la confusion persistante entre syndrome grippal et grippe, la lassitude vaccinale post-Covid, et un effet de calendrier — beaucoup se disent qu'ils verront « en novembre », et novembre passe.

L'obligation vaccinale des soignants : un début en trompe-l'œil

C'est la nouveauté institutionnelle de cette campagne. La saison 2026-2027 constitue la première année de déploiement de l'obligation vaccinale antigrippale pour les professionnels concernés.

Avec un bémol de taille : le cadre qui rendrait cette obligation pleinement opposable n'entrera en vigueur qu'à l'issue de travaux réglementaires attendus d'ici la fin du premier trimestre 2027. Autrement dit, l'obligation existe dans le principe mais n'a pas encore ses décrets d'application complets.

Ce décalage crée une zone grise inconfortable pour les employeurs, les directions d'Ehpad et les soignants eux-mêmes. On demande une vaccination au nom d'une obligation dont les modalités de contrôle et de sanction ne sont pas écrites. Prévisible : la première saison servira surtout de rodage et de test d'acceptabilité.

Le débat de fond, lui, reste ouvert. L'argument pour est solide — un soignant vacciné protège des patients qui répondent mal aux vaccins. L'argument contre porte moins sur le vaccin lui-même que sur la méthode : les syndicats rappellent que la contrainte, appliquée en 2021 sur le Covid, a laissé des traces dans des services déjà en tension de personnel.

À faire, et quand

Quelques repères pratiques.

  • Mi-octobre à fin novembre est la fenêtre utile. L'immunité met environ deux semaines à s'installer, et le pic épidémique tombe le plus souvent entre fin décembre et février.
  • Se faire vacciner après le début de l'épidémie reste pertinent — une campagne qui démarre en janvier vaut mieux qu'une campagne qui n'a pas lieu.
  • Les personnes éligibles reçoivent un bon de prise en charge de l'Assurance maladie ; sans bon, un professionnel de santé peut l'éditer.
  • Une seule séance suffit pour grippe et Covid. Demandez-la explicitement, on ne vous la proposera pas toujours.

Le vrai enjeu de cette campagne ne se joue pas sur la technique vaccinale, qui est maîtrisée. Il se joue sur les 25 points de couverture manquants et sur la capacité du système à aller chercher, une par une, les personnes qui coche une case de risque sans le savoir.

Sources

  1. Le Moniteur des pharmacies — Grippe et Covid-19 : campagne le 13 octobre
  2. Revue Pharma — Début de la campagne le 13 octobre
  3. Ordre national des pharmaciens — Préparation de la campagne 2026-2027
  4. Santé publique France — Actualités

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